Un outil concret pour planifier les devoirs maison !

Entre les obligations familiales (faire les courses, sortir le chien…), les activités sportives ou artistiques, l’attraction des écrans, l’envie et le besoin de ne RIEN faire… il est parfois difficile pour les élèves de gérer seuls leurs devoirs à la maison. Or, les bonnes habitudes sont à prendre dès le début de l’année ! Pour les aider à s’en sortir, voici deux tableaux qui leur permettront d’estimer au mieux leur charge de travail et de visualiser les temps disponibles pour l’abattre. 

Le premier tableau correspond à un semainier, avec les heures sur l’axe vertical et les jours de la semaine sur l’axe horizontal. Toutes les plages horaires occupées par les cours, les repas, les activités extrascolaires, les moments de détente nécessaires, etc. sont cochées, car ce sont des plages pendant lesquelles l’enfant ne peut pas faire ses devoirs.

Tableau 1 :

Heures Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche
7h-8h Petit-déjeuner / Trajet Petit-déjeuner / Trajet
8h-9h Maths H.G
9h-10h Français H.G
10h-11h SVT Physique-chimie
11h-12h Déjeuner Espagnol
12h-13h Déjeuner Déjeuner
13h-14h EPS Déjeuner
14h-15h EPS Maths
15h-16h Anglais Maths
16h-17h Retour / Goûter Techno
17h-18h Retour / Goûter
18h-19h Danse
19h-20h Dîner
20h-21h Dîner
21h-22h
22h-23h Coucher Coucher

Dans le cas de cet élève fictif, seules 4 heures le lundi et 2 heures le mardi sont libres pour faire les devoirs.

Le deuxième tableau recense, matière après matière, le travail à faire noté dans l’agenda, et l’estimation approximative du temps à y consacrer.

Tableau 2 :

Matière Devoirs à faire Pour le… Temps estimé
Mathématiques Exercices 5 à 8 p. 54 Mercredi 12 septembre 30 minutes
Arts Plastiques
Anglais

Une fois ce tableau rempli, l’élève répartit ce temps de travail estimé par matières sur les heures laissées libres dans le premier tableau. Il obtient alors une vision très claire du temps qui lui reste réellement pour faire ses devoirs, et du poids que représentent ses activités annexes.

S’il peut sembler assez artificiel au départ, cet exercice permet d’anticiper les échéances, d’éviter les devoirs bâclés, les nuits d’insomnie, ainsi que le stress généré par la procrastination !

Nathalie Anton

10 idées fausses à déconstruire pour changer ses habitudes de travail !

Capture d’écran 2019-05-02 à 20.22.22

La fin de l’année est proche : les ponts de mai et la chaleur intermittente nous l’annoncent… Mais impossible de céder à l’oisiveté, car les élèves entament leur dernière ligne droite pour réussir le troisième trimestre ou les examens à venir. Voici donc, pour les aider à se (re)mettre au travail, 10 idées fausses dont ils doivent au plus vite se débarrasser pour changer leurs mauvaises habitudes…

1. La réussite scolaire dépend de l’intelligence donnée à la naissance : on est doué pour telle matière ou on ne l’est pas, c’est tout !

Faux ! La réussite dépend plutôt du goût que l’on peut avoir pour un sujet, et surtout de la persévérance : il ne faut pas baisser les bras, car on peut toujours apprendre, comprendre et progresser !

2. Seuls les élèves en difficulté n’aiment pas se mettre au travail.

Faux ! Le sentiment d’inconfort que l’on ressent avant de commencer ses devoirs est commun à tous les élèves… Mais ce qui fait la différence, c’est la manière dont on le gère !

3. Seuls les mauvais élèves font des erreurs.

Faux ! Même les bons élèves se trompent : les erreurs font partie du processus d’apprentissage, et l’on mémorise mieux quand on parvient à les corriger.

4. On peut seulement réussir dans une matière si l’on est passionné par le sujet. 

Faux ! Plus on travaille dans une matière et mieux on la maîtrise. Et le fait de mieux la maîtriser aide… à s’y intéresser !

5. Dormir et faire du sport sont une perte de temps : il vaut mieux passer le plus de temps possible sur ses leçons pour réussir.

Faux ! L’activité physique comme le sommeil contribuent à créer de nouveaux neurones. Le sommeil renforce la mémoire à long terme et favorise la concentration. De plus, dormir et faire du sport permettent au cerveau de prendre du recul et de faire émerger de nouvelles idées, en débloquant ainsi certains problèmes restés jusqu’alors insolubles.

6. On peut faire plusieurs choses à la fois : il n’y a pas de problème à avoir des écrans allumés autour de soi quand on travaille !

Faux ! Le cerveau humain ne peut pas faire deux activités en même temps, sauf si l’une des deux, telle la marche par exemple, est totalement automatisée. Texter en faisant un exercice s’avère donc improductif !

7. Passer plusieurs heures d’affilée sur un sujet est le meilleur moyen de s’en souvenir.

Faux ! Il faut laisser du temps à la mémoire pour consolider les nouveaux apprentissages. Il vaut donc mieux espacer les révisions, plutôt que de tout vouloir apprendre en une fois !

8. Apprendre une leçon juste avant un test permet à coup sûr de le réussir.

Oui, mais… Mémoriser prend du temps : le bachotage ne permet pas d’inscrire les notions dans la mémoire à long terme, et celles-ci vont s’évaporer très rapidement. Or, on a souvent besoin dans sa scolarité de pouvoir les réutiliser… De plus, moins on est sûr de la leçon sue, et plus on est sujet au stress en situation d’examen !

9. Comprendre suffit pour mémoriser.

Faux ! Si comprendre booste la mémorisation, seul le fait de revoir encore et encore la leçon, de s’exercer et de se tester, permet de stocker l’information dans la mémoire à long terme.

10. On ne peut pas changer ses habitudes.

Faux ! Mais cela prend environ un mois pour ce faire, et il faut donc persister dans cette résolution… Courage !

Nathalie Anton

Que cache la supposée fainéantise de nos élèves adolescents ?

Les fins de trimestre sont l’occasion de faire le bilan des résultats obtenus par chaque élève. Et lorsqu’ils sont peu satisfaisants, des commentaires variés fleurissent sur les bulletins : « Des résultats insuffisants, il faut travailler davantage. » ; « Le travail à la maison doit être plus rigoureux. » ; « Les efforts sont encore trop superficiels et irréguliers : ressaisissez-vous !» ; « Un ensemble moyen en dessous des capacités. On attend mieux au troisième trimestre. »

Lors des rencontres avec les parents, ces derniers formulent fréquemment des remarques qui font écho aux précédentes : « Je ne le vois jamais faire ses devoirs : il me dit qu’il n’a rien à faire ! » ; « Elle ne travaille pas à la maison ! » ; « Je vais lui dire de faire plus d’efforts ! » ; « Son problème, c’est qu’il est feignant. »

NonVotreAdoNestPasFeignant.indd

Un consensus semble ici se dégager entre les éducateurs : si l’élève voulait, il pourrait réussir, et la responsabilité de l’échec incombe seule à l’enfant.

Mais le fait est que cette explication agit comme un bouclier, avec une double fonction. Tout d’abord, protéger les parents de la crainte que les problèmes se révèlent plus profonds : leur enfant va très bien ! Il est juste paresseux… Ensuite, éviter aux adultes de se remettre en cause faute d’avoir pu ou su apporter l’aide adéquate. Car les difficultés scolaires d’un élève renvoient en miroir à nos propres difficultés d’éducateurs.

Cette pensée protectrice un peu magique empêche donc de réfléchir aux raisons qui peuvent empêcher un enfant de réussir. Or, celles-ci sont multiples, et souvent entrelacées. En voici 10, non exhaustives, que les adultes devraient avoir en tête pour mieux comprendre ce qui peut gêner l’adolescent dans la bonne marche de sa scolarité :

  1. Le cadre de travail et ses ressources

L’élève a-t-il accès à un espace calme et doté de supports matériels (dictionnaires, encyclopédies, annales du brevet ou du bac, accès à Internet) ? Quelqu’un peut-il l’aider ou est-il livré à lui-même ? A-t-il avec lui ses manuels ou les laisse-t-il dans l’établissement ?

  1. L’utilisation de ces ressources

L’élève consulte-t-il ses manuels en support de ses cours ? Connaît-il des sites fiables pour faire ses recherches sur Internet ? Sait-il où trouver des ressources en dehors de chez lui (la bibliothèque, le CDI, l’inscription à des dispositifs de tutorat ou d’aide aux devoirs, chez un ami pour s’entraider…) ?

  1. La gestion du matériel

L’élève fait-il son sac le soir pour le lendemain ? A-t-il de quoi prendre les cours correctement (feuilles vierges, trousse remplie, affaires de sport, blouse pour les sciences) ? Sait-il tenir un agenda ? Ses cahiers et classeurs sont-ils complets, propres et ordonnés ?

  1. La gestion du temps

L’élève consulte-t-il quotidiennement son agenda et le cahier de texte en ligne ? A-t-il une routine de travail établie lorsqu’il rentre de l’école ? Est-il en mesure de répartir le travail à faire dans la semaine en fonction de ses plages horaires de libre ?

  1. Savoir apprendre

L’élève se teste-t-il ou se contente-t-il de relire ses cours et de surligner ? Est-il en mesure d’expliquer à autrui ce qu’il apprend ? Espace-t-il ses révisions pour que les cours se gravent plus profondément dans sa mémoire ? Afin d’éviter l’ennui, alterne-t-il le soir les matières à étudier au lieu de focaliser trop longtemps sur une seule ?

  1. Les troubles des apprentissages

L’élève est-il perçu comme à haut potentiel ? Témoigne-t-il d’un manque d’attention avec ou sans hyperactivité ? Est-il potentiellement dyslexique ou dyspraxique ? A-t-il passé un bilan neuropsychologique ? Les aménagements préconisés sont-ils respectés ?

  1. L’usage des écrans

L’élève a-t-il des limites clairement fixées concernant le temps passé sur les écrans ? A-t-il un ordinateur et/ou une télévision dans sa chambre ? Son téléphone portable est-il complètement éteint pendant la nuit, voire donné aux parents ? Est-il informé de l’impact négatif de la lumière bleue des écrans sur son endormissement ?

  1. L’équilibre physique

L’élève dort-il assez ? Evite-t-il de trop décaler son horaire d’endormissement le weekend ? Mange-t-il de manière équilibrée ? Se rend-il en classe le matin en ayant pris un petit-déjeuner ? Goûte-t-il en rentrant de l’école ? Pratique-t-il une activité sportive ?

  1. L’équilibre relationnel

L’élève se sent-il soutenu, épaulé, encouragé ? A-t-il des relations de confiance avec ses professeurs ? Sait-il vers qui se tourner en cas de besoin ? A-t-il une vie amicale riche et épanouie ? Est-il en conflit avec des camarades ? Est-il exclu, mal-aimé ou persécuté ? Souffre-t-il de problèmes relationnels au sein de la famille ?

  1. L’équilibre psychologique

L’élève se sent-il anxieux ? Menacé ? Sous pression ? Découragé ? Déprimé ? Agressif ? Est-il sensible à la pression de réussite ou de conformité sociale qui pèse sur ses épaules ? Est-il victime de harcèlement ? Est-il préoccupé par son avenir ou par les bouleversements que la puberté engendre ? Est-il engagé une consommation régulière et/ou excessive d’alcool et autres drogues ?

Evidemment, ces interrogations sont nombreuses et les éducateurs manquent souvent de temps et d’occasions de rencontre pour se pencher finement sur le cas de chaque élève. J’ajoute que poser ces questions implique de pouvoir y répondre, et qu’il n’est pas toujours aisé de trouver des solutions aux problèmes soulevés.

Cependant, les avoir à l’esprit nous préserve de retomber dans cette rengaine du « peut mieux faire », qui ne révèle rien de l’élève et qui ne l’aide pas à voir comment il pourrait progresser. A l’inverse, aborder entre collègues et surtout avec les adolescents ces points cruciaux que sont notamment la méthodologie, l’organisation, la connaissance de soi, la gestion des relations, risque certes d’empiéter sur les contenus disciplinaires, mais pour quels gains, in fine, en termes d’efficacité et d’épanouissement !

Nathalie Anton

Article publié le 29 mars dernier sur le site Ecole, changer de cap