Les bienfaits des activités extrascolaires

L’UNICEF France a fait paraître en 2016 la 3ème édition de sa Consultation nationale des 6/18 ans, « Ecoutons ce que les enfants ont à nous dire« , menée auprès de 22000 enfants et adolescents sous la direction du sociologue Serge Paugam.
Je voulais souligner aujourd’hui auprès des parents le lien établi dans ce rapport entre l’angoisse liée à la peur d’échouer et la pratique d’activités extrascolaires.  En effet, comme l’explique Serge Paugam dans une interview donnée au Nouvel Observateur le 30 novembre dernier :
« Les enfants ou adolescents privés d’activités extrascolaires ont près de quatre fois plus de risque d’être angoissés de ne pas réussir à l’école. Ces activités jouent, on le sait, un rôle essentiel dans l’épanouissement personnel et la confiance en soi. »
En permettant de construire des compétences autres que celles purement scolaires, d’être reconnus et valorisés, de développer le respect des règles, la valorisation de l’effort, l’esprit d’équipe ou encore le plaisir d’apprendre, ces activités contribuent à améliorer une meilleur relation à soi, aux autres, et donc, à l’école.
Nathalie Anton

Ecole et numérique (2)

Je reviens cette semaine encore sur la déconstruction du mythe des  « enfants du numérique » ou « digital native » faite par deux chercheurs en éducation néerlandais, Paul A. Kirschner, Jeroen J. G. van Merrienboer (Do Learners Really Know Best? Urban Legends in Education. in Education, Educational Psychologist, 48(3), 169–183, 2013).

Les chercheurs s’interrogent sur cette idée que les enfants nés dans l’ère du numérique auraient développé la capacité d’être « multitâches », faisant leurs devoirs en même temps qu’ils textent ou surfent sur la toile sans que cela n’ait d’impact négatif sur leurs apprentissages. Or, les recherches montrent que cette impression est trompeuse.

En effet, lorsque les tâches ne sont pas automatisées (comme « marcher » par exemple, même si marcher et téléphoner peut multiplier les risques d’incidents), l’architecture cérébrale permet seulement de passer rapidement d’une tâche à l’autre (avec une illusion de simultanéité).

Cette rapidité acquise par les jeunes qui manient depuis l’enfance les outils informatiques ne signifie donc aucunement que cette aisance soit bénéfique ni efficace pour leurs apprentissages. Bien au contraire, il a été montré que les changements rapides de tâches conduisent à de moins bonnes performances scolaires.  Un élève qui fait ses mathématiques « en même temps » qu’il échange avec un ami sur Internet via une messagerie instantanée aura de moins bons résultats que s’il se concentre seulement sur les mathématiques. D’ailleurs, les enfants exposés au multi-tasking seraient des enfants  plus facilement distraits, ayant de mal à se concentrer.

Pour laisser le mot de la fin à Paul A. Kirschner et Jeroen J. G. van Merrienboer :

« Les gens pensent peut-être différemment, mais c’est un mythe. Face à des tâches aussi complexes, on ne sera jamais capable de surmonter les limites inhérentes à notre cerveau pour traiter les informations simultanément. Pour conclure, les recherches montrent que le changement ou la multiplication des tâches (« multitasking ») a un impact négatif sur l’apprentissage et les performances scolaires.« 

Nathalie Anton

Apprendre à mémoriser : la répétition

Nous avons vu dans un article précédent quelles conditions pouvaient favoriser la mémorisation. Nous passerons en revue dans les semaines à venir quelques techniques permettant aux élèves de bien apprendre. Aujourd’hui : la répétition.

Les enseignants le savent bien : pour qu’une leçon soit acquise, il est nécessaire de la répéter d’un cours sur l’autre, de la faire retravailler à la maison, puis de la reprendre des semaines, des mois voire les années suivantes. La répétition est ainsi la clé de la mémorisation. Comme l’explique Bruno Dubuc, diplômé de neurobiologie de l’Université de Montréal, co-auteur du site Le Cerveau à tous les niveaux, hébergé par l’université de Mac Gill au Canada : « Sans répétition, nous ne pouvons retenir qu’environ sept éléments d’information pour à peu près 30 secondes. (…) Certains chercheurs vont même jusqu’à dire que nous oublions 90% de ce que nous apprenons en classe en 30 jours et que la majeure partie de cet oubli se fait dans les quelques heures après le cours. » La répétition permet de braquer un projecteur sur ce qui doit être mémorisé, parmi toutes les informations gérées par le cerveau qui resteront dans l’ombre et seront oubliées. « Ce que la répétition mentale permet, c’est justement de faire passer ces éléments de cette mémoire à court terme vers la mémoire à long terme où ils peuvent être stockés pendant des mois, voire des années. »

La répétition peut se faire sous forme de relecture(s) silencieuse(s), puis de récitations orales ou écrites à des temps espacés pour être certain de ne pas oublier ce qui a été appris une première fois. Certains élèves s’enregistrent même pour réécouter ensuite la leçon.

D’après les chercheurs, plus la répétition a lieu rapidement après le cours donné, plus elle serait efficace. C’est pourquoi il est recommandé aux enseignants si possible de répéter au sein même de leur classe les éléments à retenir, et aux élèves de revoir leur leçon le soir-même, même s’ils n’ont pas la matière le lendemain. Les parents ont évidemment un rôle à jouer en faisant réciter à leurs enfants.

Enfin, la répétition doit aussi être associée à la reformulation, de manière à vérifier que ce qui est répété est compris et peut être exprimé différemment. Voilà pourquoi les professeurs reprennent sans cesse les idées développées avec d’autres mots, d’autres exemples, d’autres supports (visuels, auditifs, expérimentaux), afin d’aider les élèves à mieux fixer ce qu’il doivent retenir. Demander à son enfant d’expliquer ou d’illustrer ce qu’il récite peut être ainsi très bénéfique.

Nathalie Anton