Que cache la supposée fainéantise de nos élèves adolescents ?

Les fins de trimestre sont l’occasion de faire le bilan des résultats obtenus par chaque élève. Et lorsqu’ils sont peu satisfaisants, des commentaires variés fleurissent sur les bulletins : « Des résultats insuffisants, il faut travailler davantage. » ; « Le travail à la maison doit être plus rigoureux. » ; « Les efforts sont encore trop superficiels et irréguliers : ressaisissez-vous !» ; « Un ensemble moyen en dessous des capacités. On attend mieux au troisième trimestre. »

Lors des rencontres avec les parents, ces derniers formulent fréquemment des remarques qui font écho aux précédentes : « Je ne le vois jamais faire ses devoirs : il me dit qu’il n’a rien à faire ! » ; « Elle ne travaille pas à la maison ! » ; « Je vais lui dire de faire plus d’efforts ! » ; « Son problème, c’est qu’il est feignant. »

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Un consensus semble ici se dégager entre les éducateurs : si l’élève voulait, il pourrait réussir, et la responsabilité de l’échec incombe seule à l’enfant.

Mais le fait est que cette explication agit comme un bouclier, avec une double fonction. Tout d’abord, protéger les parents de la crainte que les problèmes se révèlent plus profonds : leur enfant va très bien ! Il est juste paresseux… Ensuite, éviter aux adultes de se remettre en cause faute d’avoir pu ou su apporter l’aide adéquate. Car les difficultés scolaires d’un élève renvoient en miroir à nos propres difficultés d’éducateurs.

Cette pensée protectrice un peu magique empêche donc de réfléchir aux raisons qui peuvent empêcher un enfant de réussir. Or, celles-ci sont multiples, et souvent entrelacées. En voici 10, non exhaustives, que les adultes devraient avoir en tête pour mieux comprendre ce qui peut gêner l’adolescent dans la bonne marche de sa scolarité :

  1. Le cadre de travail et ses ressources

L’élève a-t-il accès à un espace calme et doté de supports matériels (dictionnaires, encyclopédies, annales du brevet ou du bac, accès à Internet) ? Quelqu’un peut-il l’aider ou est-il livré à lui-même ? A-t-il avec lui ses manuels ou les laisse-t-il dans l’établissement ?

  1. L’utilisation de ces ressources

L’élève consulte-t-il ses manuels en support de ses cours ? Connaît-il des sites fiables pour faire ses recherches sur Internet ? Sait-il où trouver des ressources en dehors de chez lui (la bibliothèque, le CDI, l’inscription à des dispositifs de tutorat ou d’aide aux devoirs, chez un ami pour s’entraider…) ?

  1. La gestion du matériel

L’élève fait-il son sac le soir pour le lendemain ? A-t-il de quoi prendre les cours correctement (feuilles vierges, trousse remplie, affaires de sport, blouse pour les sciences) ? Sait-il tenir un agenda ? Ses cahiers et classeurs sont-ils complets, propres et ordonnés ?

  1. La gestion du temps

L’élève consulte-t-il quotidiennement son agenda et le cahier de texte en ligne ? A-t-il une routine de travail établie lorsqu’il rentre de l’école ? Est-il en mesure de répartir le travail à faire dans la semaine en fonction de ses plages horaires de libre ?

  1. Savoir apprendre

L’élève se teste-t-il ou se contente-t-il de relire ses cours et de surligner ? Est-il en mesure d’expliquer à autrui ce qu’il apprend ? Espace-t-il ses révisions pour que les cours se gravent plus profondément dans sa mémoire ? Afin d’éviter l’ennui, alterne-t-il le soir les matières à étudier au lieu de focaliser trop longtemps sur une seule ?

  1. Les troubles des apprentissages

L’élève est-il perçu comme à haut potentiel ? Témoigne-t-il d’un manque d’attention avec ou sans hyperactivité ? Est-il potentiellement dyslexique ou dyspraxique ? A-t-il passé un bilan neuropsychologique ? Les aménagements préconisés sont-ils respectés ?

  1. L’usage des écrans

L’élève a-t-il des limites clairement fixées concernant le temps passé sur les écrans ? A-t-il un ordinateur et/ou une télévision dans sa chambre ? Son téléphone portable est-il complètement éteint pendant la nuit, voire donné aux parents ? Est-il informé de l’impact négatif de la lumière bleue des écrans sur son endormissement ?

  1. L’équilibre physique

L’élève dort-il assez ? Evite-t-il de trop décaler son horaire d’endormissement le weekend ? Mange-t-il de manière équilibrée ? Se rend-il en classe le matin en ayant pris un petit-déjeuner ? Goûte-t-il en rentrant de l’école ? Pratique-t-il une activité sportive ?

  1. L’équilibre relationnel

L’élève se sent-il soutenu, épaulé, encouragé ? A-t-il des relations de confiance avec ses professeurs ? Sait-il vers qui se tourner en cas de besoin ? A-t-il une vie amicale riche et épanouie ? Est-il en conflit avec des camarades ? Est-il exclu, mal-aimé ou persécuté ? Souffre-t-il de problèmes relationnels au sein de la famille ?

  1. L’équilibre psychologique

L’élève se sent-il anxieux ? Menacé ? Sous pression ? Découragé ? Déprimé ? Agressif ? Est-il sensible à la pression de réussite ou de conformité sociale qui pèse sur ses épaules ? Est-il victime de harcèlement ? Est-il préoccupé par son avenir ou par les bouleversements que la puberté engendre ? Est-il engagé une consommation régulière et/ou excessive d’alcool et autres drogues ?

Evidemment, ces interrogations sont nombreuses et les éducateurs manquent souvent de temps et d’occasions de rencontre pour se pencher finement sur le cas de chaque élève. J’ajoute que poser ces questions implique de pouvoir y répondre, et qu’il n’est pas toujours aisé de trouver des solutions aux problèmes soulevés.

Cependant, les avoir à l’esprit nous préserve de retomber dans cette rengaine du « peut mieux faire », qui ne révèle rien de l’élève et qui ne l’aide pas à voir comment il pourrait progresser. A l’inverse, aborder entre collègues et surtout avec les adolescents ces points cruciaux que sont notamment la méthodologie, l’organisation, la connaissance de soi, la gestion des relations, risque certes d’empiéter sur les contenus disciplinaires, mais pour quels gains, in fine, en termes d’efficacité et d’épanouissement !

Nathalie Anton

Article publié le 29 mars dernier sur le site Ecole, changer de cap

Stress et examens : ultimes conseils !

Calvin and Hobbes

A l’heure où le brevet se profile et où le baccalauréat démarre, sinon en fanfare, tout du moins en philo, je souhaite à tous les jeunes embarqués dans ces épreuves de faire de leur mieux, et à leurs parents de rester confiants ! Si la fin de l’année scolaire est attendue comme une libération par la grande majorité des élèves, elle constitue aussi une source de stress intense lié aux décisions d’orientation, et surtout à la barrière parfois périlleuse des examens à franchir…

Face aux montées d’angoisse bien compréhensibles, rassurons tout d’abord les ados : le stress est, à petite dose, bénéfique, car il leur procure de l’énergie pour rester motivés et concentrés, et pour être capables de mieux mémoriser et d’atteindre les buts qu’ils se sont fixés.

Toutefois, trop de stress peut conduire au sentiment d’être submergé, d’arriver à saturation au point de ne plus être capable d’étudier, de perdre l’appétit ou de ne plus dormir. Dans ce cas, il convient de leur donner quelques astuces pour faire redescendre la pression.

  • Identifier la cause du stress, et tenter de trouver des stratégies pour y faire face : si l’oral paralyse votre enfant, par exemple, rédigez avec lui des phrases types d’introduction et de conclusion et entraînez-le à les réciter.
  • Bien manger et bien dormir : si dans cette période d’examens, les efforts se concentrent tout particulièrement sur les capacités cognitives (mémoire et réflexion), il faut cependant veiller à ce que le corps ne soit pas négligé : manger équilibré et dormir si possible 8 heures par nuit constituent des piliers de la réussite.
  • Réduire les excitants : attention aux doses de caféine, qui nuisent au bon sommeil et accentuent les palpitations…
  • S’aérer, faire du sport au moins 30 minutes par jour : cela aide à prendre du recul, à se sentir bien,à éprouver une saine fatigue.
  • Se détendre : prendre un bain, pratiquer quelques minutes de mindfulness, se concentrer sur une musique que l’on aime permet de décompresser.
  •  S’organiser : une journée ne compte que 24 heures, moins toutes celles nécessaires au sommeil, aux repas et à la détente évoquée précédemment. Faire un planning réaliste de ce que l’on peut faire dans le temps resté libre permet d’éviter de s’éparpiller. Il faut lister les priorités et s’y tenir !
  • Trouver les bons outils : relire tout le manuel d’histoire n’est plus envisageable. En revanche, trouver les grands points des chapitres sur des fiches déjà réalisées, ou dans des annabrevets ou des annabacs sera bien plus utile et bien plus rassurant.
  • En parler ! En exprimant ses inquiétudes à ses parents, à ses amis, à ses professeurs, on peut trouver du réconfort, des conseils, et remettre les choses en perspective.

Alea jacta est et bon courage !!

Nathalie Anton

Image : Calvin and Hobbes, Bill Watterson

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L’importance du matériel

Le soin apporté au travail est un bon révélateur de la relation qu’entretient l’élève avec l’école. Un classeur que l’on retourne et d’où s’échappe une nuée de feuilles doit ainsi laisser craindre une négligence de l’enfant tout à fait préjudiciable à sa réussite… Comment l’accompagner au mieux dans cette gestion du matériel, dont dépend indéniablement la qualité de son apprentissage ? 

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