Comment gérer les devoirs à la maison ?

Les parents occupent une place centrale dans la bonne réalisation des devoirs à la maison de leur enfant. Ce sont eux qui l’aident à aborder quotidiennement cette charge de travail à réaliser sans la supervision du professeur. Ce sont eux également qui lui donnent au fil du temps les moyens de devenir de plus en plus autonome et responsable. Mais il est parfois difficile de trouver le juste équilibre entre un contrôle trop aliénant générateur de tensions, et une trop grande liberté risquant de faire perdre pied à l’élève. 

Que les parents se rassurent tout d’abord : ils n’ont pas besoin d’exceller en maths ou en histoire pour aider leur enfant à faire leurs devoirs : même si elle en a le temps, une mère biologiste n’aura pas forcément les compétences ni la patience (!) pour simplifier les connaissances qu’elle possède et se mettre au niveau du cours de SVT que son fils suit en 6e. La valeur ajoutée des parents se situe souvent moins du côté du contenu qu’ils peuvent apporter, que du rôle contenant qu’ils doivent jouer, à savoir l’intérêt qu’ils portent à tout ce qui se passe à l’école, et pas seulement aux notes et aux devoirs, ainsi que leur capacité à instaurer et maintenir des habitudes de travail dans un cadre propice. 

Les routines sont en effet très importantes pour ne pas que les devoirs donnent lieu à une négociation permanente. Et même quand il n’y a « rien à faire », l’élève peut utiliser ce temps consacré au scolaire pour lire, s’avancer, ranger ses cours… L’important est bien d’acquérir une routine qui développe chez l’élève sa capacité de concentration, qui le rassure dans la gestion des devoirs qui s’amoncèlent, et qui ne suscite pas chez lui d’étonnement ou d’indignation quand ses parents lui demandent de se mettre au travail. 

Exemple de routine au retour de l’école :

1. Je goûte et me détends en parlant d’autre chose que des cours.

2. Je fais mes devoirs écrits et j’apprends mes leçons.

3. Je dîne.

4. Je fais mon sac pour le lendemain en vérifiant mon emploi du temps.

5. J’éteins les écrans une à deux heures avant de me coucher pour pouvoir m’endormir facilement, car en tant qu’enfant ou adolescent, j’ai besoin d’environ 9 heures de sommeil par nuit.

Les distractions, comme la télévision allumée en fond ou le portable à portée de main qui vibre toutes les 3 minutes, sont à éviter, car elles nuisent à l’attention et la qualité du travail effectué. Idem pour la musique qui risque de conduire l’enfant à se focaliser sur les paroles ou la mélodie au détriment de notions scolaires à maîtriser. Eteindre son téléphone voire le donner aux parents le temps des devoirs, ou encore utiliser l’ordinateur du salon permettent par exemple d’éviter des dispersion bien tentantes. 

Si l’enfant n’arrive pas à faire son travail, il faut savoir le rassurer : les devoirs sont souvent des exercices d’application d’une leçon qui a été vue le cours précédent, et qui n’est pas forcément encore assimilée ni comprise. Il s’agit plus d’un entraînement que d’un contrôle. L’idée n’est pas de se substituer à l’enseignant, mais plutôt de l’aider à trouver des stratégies pour qu’il s’en sorte. En lui posant des questions telles que : « As-tu regardé dans ton manuel si ce chapitre n’était pas traité ? », « As-tu recoupé tes informations en allant sur plusieurs sites ? », « As-tu cité tes sources ? », les parents donnent à l’enfant des réflexes pour devenir plus autonome. De même, il est possible de consulter le cahier de texte en ligne pour voir si le professeur n’a pas ajouté des précisions ou d’appeler un camarade dont l’éclairage pourra être salutaire…  Et si l’exercice n’est pas réussi, il sera corrigé en classe : le professeur explicitera de nouveau les points de cours non compris. A ce titre, les devoirs maison sont un lien entre l’école et les parents, et en cas de souci, il ne faut pas hésiter à se tourner vers les professeurs pour en discuter.

Enfin, pour redonner du sens à ce qui est vu en classe, il peut être pertinent d’aborder la question des devoirs moins sur le mode du contrôle (“Montre moi tes exercices !” ; “Récite-moi ta leçon !”), que de la discussion : « J’ai vu que vous veniez de commencer l’étude de la Seconde Guerre mondiale en histoire… Que vous a appris le professeur sur ce sujet ? Tu sais qu’il y a un film qui… ? Tu sais que ton arrière grand-père était… ? ». Cette posture permet d’établir un véritable échange autour des apprentissages et de les valoriser.

Nathalie Anton

Le Potentiel caché de votre ado

Je suis ravie d’annoncer aujourd’hui la sortie de mon nouvel ouvrage consacré au bien-être des adolescents : Le Potentiel caché de votre ado (éditions Eyrolles).

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Cet essai s’appuie sur le constat suivant : les parents et les enseignants se focalisent principalement sur les compétences scolaires, en négligeant tout un pan du développement des jeunes : celui qui touche à leurs relations, à leurs émotions et à leur aptitude à faire de bons choix. 

Or, les enfants et les adolescents nécessitent d’être accompagnés dans ces domaines, qui interfèrent avec leur réussite scolaire et leur épanouissement.

Comment leur apprendre par exemple à :

  • clarifier et gérer les émotions qui les submergent ?
  • éviter et résoudre les conflits ?
  • estimer leurs forces et leurs faiblesses ?
  • prendre des décisions responsables ?

Etonnamment, ces compétences indispensables font encore partie de l’implicite : on attend de nos jeunes qu’ils les possèdent sans vraiment se demander comment ils peuvent les acquérir ! Et trop souvent, c’est lorsqu’un problème éclate (anxiété trop forte, mauvaise gestion de son temps, brouille entre amis, situations de harcèlement, conduites à risques…) que l’on est contraint de les aborder.

C’est parce que ces compétences doivent se penser et s’enseigner en amont des problèmes que l’apprentissage socio-émotionnel a toute sa place à l’école et au sein de la famille. 

Cet ouvrage constitue une synthèse du programme dédié au bien-être des élèves que j’ai eu la chance de pouvoir développer de manière collaborative pendant six ans au Lycée Français de New York. Si l’Amérique du Nord est plus avancée que nous dans ce domaine, il n’est pas trop tard pour que tous nos jeunes puissent en bénéficier.

Bonne lecture !

Nathalie Anton