Les problèmes de discipline en classe

Je reproduis aujourd’hui des extraits de l’interview de Denis Meuret menée sur France Info par Anne Brigaudeau le 31 mars dernier. Dans une note du Conseil scientifique de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), ce professeur en sciences de l’éducation montre, à partir des données de l’enquête PISA 2015 (1), que les classes françaises sont victimes d’une indiscipline supérieure à celle observée dans les autres pays.

« Franceinfo : Comment peut-on comparer l’indiscipline qui règne dans les classes françaises à celle qui existe dans les autres pays ?  Lire la suite

Ecole et numérique (2)

Je reviens cette semaine encore sur la déconstruction du mythe des  « enfants du numérique » ou « digital native » faite par deux chercheurs en éducation néerlandais, Paul A. Kirschner, Jeroen J. G. van Merrienboer (Do Learners Really Know Best? Urban Legends in Education. in Education, Educational Psychologist, 48(3), 169–183, 2013).

Les chercheurs s’interrogent sur cette idée que les enfants nés dans l’ère du numérique auraient développé la capacité d’être « multitâches », faisant leurs devoirs en même temps qu’ils textent ou surfent sur la toile sans que cela n’ait d’impact négatif sur leurs apprentissages. Or, les recherches montrent que cette impression est trompeuse.

En effet, lorsque les tâches ne sont pas automatisées (comme « marcher » par exemple, même si marcher et téléphoner peut multiplier les risques d’incidents), l’architecture cérébrale permet seulement de passer rapidement d’une tâche à l’autre (avec une illusion de simultanéité).

Cette rapidité acquise par les jeunes qui manient depuis l’enfance les outils informatiques ne signifie donc aucunement que cette aisance soit bénéfique ni efficace pour leurs apprentissages. Bien au contraire, il a été montré que les changements rapides de tâches conduisent à de moins bonnes performances scolaires.  Un élève qui fait ses mathématiques « en même temps » qu’il échange avec un ami sur Internet via une messagerie instantanée aura de moins bons résultats que s’il se concentre seulement sur les mathématiques. D’ailleurs, les enfants exposés au multi-tasking seraient des enfants  plus facilement distraits, ayant de mal à se concentrer.

Pour laisser le mot de la fin à Paul A. Kirschner et Jeroen J. G. van Merrienboer :

« Les gens pensent peut-être différemment, mais c’est un mythe. Face à des tâches aussi complexes, on ne sera jamais capable de surmonter les limites inhérentes à notre cerveau pour traiter les informations simultanément. Pour conclure, les recherches montrent que le changement ou la multiplication des tâches (« multitasking ») a un impact négatif sur l’apprentissage et les performances scolaires.« 

Nathalie Anton

Développer le sentiment d’appartenance à l’école

Je reviens en ce début d’année sur l’une des conclusions du rapport PISA (Programme International pour le suivi des acquis) publié en 2012 par l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques) :

« La France se situe toujours bien en dessous de la moyenne de l’OCDE, contrairement au Liechtenstein, à l’Autriche ou à la Suisse, où au moins quatre élèves sur cinq se sentent chez eux à l’école, contre moins d’un élève sur deux en France. La France, avec seulement 47 % des élèves déclarant se sentir chez eux à l’école, affiche la proportion la plus basse de tous les pays et économies ayant participé au cycle PISA 2012. »

Ce sentiment d’appartenance, ressenti par les élèves vis-à-vis de leur établissement scolaire, constitue l’un des indicateurs du climat scolaire, au même titre que :

– la qualité des relations existant entre les membres de l’établissement

 – la qualité de la formation et des apprentissages

– le sentiment de sûreté et de confiance à l’intérieur de l’établissement

– le sentiment de justice relatif à la constance et la cohérence dans l’application des règles

Comme les indicateurs de climat scolaire précédemment cités, le sentiment d’appartenance contribue à asseoir le respect et la motivation des élèves. En effet, lorsque ces derniers se sentent engagés dans la vie de leur établissement, à travers notamment :

– l’organisation et la participation à des actions culturelles, sportives, préventives et festives

– la mise en place de groupes d’entraide et de soutien

– des occasions de rencontre et d’échange avec les parents d’élèves fréquentes, pas nécessairement liées aux notes ou à la discipline

– le développement d’un sentiment de fierté de faire partie de l’établissement grâce à des valeurs communes exprimées (esprit de partage, de respect, de justice, par exemple…)

ils prennent alors du plaisir à aller à l’école et savent s’appuyer sur la communauté pour s’épanouir aussi bien sur les plans personnels que scolaire.

Espérons que les chiffres de la prochaine étude en 2015 seront meilleurs en ce domaine !

Nathalie Anton