C’est quoi, PISA ?

Que veut dire PISA ? C’est un acronyme pour le Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves. PISA représente la plus grande enquête menée internationalement dans le domaine de l’éducation. Elle est menée par l’OCDE.

Quel est son but ? Mesurer l’efficacité des systèmes éducatifs et comparer les performances des élèves issus de différents environnements d’apprentissage pour comprendre ce qui les prépare le mieux à leur vie d’adulte.

Qu’évalue cette enquête ? Elle évalue les compétences des élèves en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en culture scientifique, et leur capacité à les utiliser dans des situations proches de la vie quotidienne.

Quand a-t-elle lieu ? Tous les trois ans, depuis 2000.

Qui touche-t-elle ? Les élèves de 15 ans,

Qui participe à cette enquête ? 79 pays. En France métropolitaine et Outre-mer, 252 établissements publics ou privés sous contrat, collèges ou lycées agricole, d’enseignement général, technologique ou professionnel sont tirés au sort. Dans chaque établissement, seuls environ 30 élèves de 15 ans sont retenus aléatoirement. En tout, 6300 élèves français participent à cette enquête.

Quels sont les résultats saillants pour la France ? Petit tour d’horizon de la presse sur deux points : le creusement des inégalités et la dévalorisation du métier d’enseignant.

  • « La proportion de très bons élèves en France est, selon l’OCDE, « légèrement au-dessus de la moyenne » et elle est « stable » dans le temps. Le quart des élèves français les plus performants affichent un niveau comparable avec les pays les mieux classés (Japon, Corée, Finlande…) tandis que le quart des élèves les moins bons se classent au niveau des pays les plus en retard, comme la Turquie. » (Les Echos)
  • « La France est le pays où l’origine socio-économique explique le plus la progression des scores (…) Au lycée, les élèves les plus faibles sont plus souvent regroupés dans les mêmes établissements qu’ailleurs dans l’OCDE, et un élève défavorisé n’a qu’une chance sur six de fréquenter le même lycée qu’un élève qui a de très bons résultats. » (Le Monde).
  • « On ne trouve que 2 % d’ados défavorisés parmi ceux qui obtiennent les meilleurs résultats. Parmi le petit pourcentage d’élèves défavorisés qui excellent, 20 % ne se projettent tout de même pas dans la poursuite d’études supérieures… » (Libération)
  • « L’OCDE préconise de poursuivre la réflexion sur le métier d’enseignant, notamment sur les salaires, les formations initiales et continues, les évaluations et les perspectives de carrière. » (Le Point)
  • « Les pays les plus performants « présentent des points communs comme l’investissement dans la formation, pour aider les enseignants à s’adapter à des classes hétérogènes, la valorisation du métier, y compris d’un point de vue salarial, ou encore l’affectation de professeurs expérimentés auprès d’élèves qui éprouvent le plus de difficultés » (Eric Charbonnier, expert éducation à l’OCDE). » (La Croix)
  • « Un statut d’enseignant plus élevé permet d’attirer dans la profession des personnes plus compétentes et, surtout, de les retenir, entraînant ainsi de meilleurs résultats parmi les élèves. Ces nouveaux enseignants talentueux doivent ensuite être appuyés et formés selon les normes les plus exigeantes. » (L’Obs)

 

De quoi nourrir la réflexion, en essayant de rester constructif et de ne pas céder au pessimisme face aux efforts qu’il faudrait engager…

Nathalie Anton

Les compétences sociales et émotionnelles : pourquoi les développer ?

« La pierre angulaire de l’apprentissage socio-émotionnel est d’apporter des compétences aux élèves, sans lesquelles ils se trouvent clairement désavantagés pour naviguer dans l’univers scolaire, social et même familial. Certains enfants ont la chance d’évoluer dans un environnement éducatif et affectif qui nourrit et affine ces compétences. Cependant, il est évident que de nombreux jeunes ne bénéficient pas de ces expériences, ou du moins pas de manière continue. La conséquence est qu’ils rencontrent des difficultés scolaires, relationnelles et comportementales, sans pouvoir donner le meilleur d’eux-mêmes. »(1)

Il me paraît important de rappeler, en début d’année, les 5 champs de compétences sociales et émotionnelles définies par le Collaborative for Academic, Social and Emotional Learning (CASEL). Ce tableau, extrait de mon ouvrage Le Potentiel caché de votre ado (2), les recense de manière synthétique. 

A l’école d’enfin s’en emparer de manière explicite et organisée pour assurer l’égalité des chances, et permettre aux ados de s’épanouir ! 

Nathalie Anton

(1) Handbook of Social and Emotional Learning, Durlak, Domitrovich, Weissberg and Gullota, The Guilford Press, New York, 2015.

(2) Eyrolles, 2018. 

Laïcité : pour autoriser et non bannir toutes les convictions.

Capture d’écran 2019-09-30 à 09.24.35Le vent de polémique étant, je l’espère, retombé, je remercie la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) d’avoir eu le courage rappeler que les parents d’élèves, quelle que soit leur religion, sont les bienvenus dans l’école publique.

Les amalgames entretenus même au plus haut niveau culpabilisent et excluent une partie des parents. Pourtant, la loi est claire. Rappel en 3 points…

1. Qu’entend-on par « laïcité » ?

D’après le gouvernement : « La laïcité repose sur trois principes et valeurs : la liberté de conscience et celle de manifester ses convictions dans les limites du respect de l’ordre public, la séparation des institutions publiques et des organisations religieuses, et l’égalité de tous devant la loi quelles que soient leurs croyances ou leurs convictions. (…) La laïcité n’est pas une opinion parmi d’autres mais la liberté d’en avoir une. Elle n’est pas une conviction mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect de l’ordre public. » (https://www.gouvernement.fr/qu-est-ce-que-la-laicite)

2. Qui est soumis à l’interdiction du port ostensible de signes religieux à l’école ?

Comme l’a bien expliqué au Monde, le 25 septembre dernier, Nicolas Cadène, rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité : « Les élèves des établissements scolaires publics sont soumis à un fort devoir de discrétion depuis la loi du 15 mars 2004, qui leur interdit de manifester ostensiblement, par le port de signes ou de tenues, leur appartenance religieuse. (…) Il s’agit, dans ces espaces scolaires et dans une phase d’acquisition des bases du savoir, à un âge où chacun doit développer son esprit critique et se forger librement ses opinions, de préserver les enfants de pressions qu’ils pourraient subir pour porter tel ou tel signe.« 

De même, l’article 25 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, modifié par la loi du 20 avril 2016 relative à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires, dispose que : « Le fonctionnaire exerce ses fonctions dans le respect du principe de laïcité. A ce titre, il s’abstient notamment de manifester, dans l’exercice de ses fonctions, ses opinions religieuses. » 

3. Les parents accompagnateurs sont-ils soumis à cette obligation ?

Pas du tout ! Le Conseil d’état rappelle que : « Les intervenants extérieurs apportant leur concours aux activités d’enseignement ne sont pas soumis  à l’exigence de neutralité religieuse. Ce sont des collaborateurs occasionnels qui ne sont pas des agents publics, en conséquence le port de signe ou tenue spécifique ne peut leur être interdit, sauf à perturber l’ordre public ou pour raison de service. » 

C’est seulement dans le cas où les parents feraient du prosélytisme que les chefs d’établissement pourraient refuser la présence de certains parents. Mais là encore, Nicolas Cadène demande de ne pas faire d’amalgame :  « Le prosélytisme ne se caractérise pas par le port d’un signe mais par un comportement, par la promotion d’une religion par des paroles, des écrits pour que l’autre y adhère par exemple. » 

Nathalie Anton