Opter pour la coopération scolaire, pas pour la compétition

une-idee-folle-ecole-documentaire-bande-annonce-1Une idée folle : passionnant documentaire de Judith Grumbach sur l’école et les orientations pédagogiques permettant de former de futurs citoyens dans un monde en mutation notamment écologique et technologique. Au moment où les notes commencent à s’accumuler sur le bulletin du premier trimestre de vos enfants, voici extrait de ce documentaire le regard que porte le biologiste et fondateur du Centre de Recherche Interdisciplinaire François Taddéi, sur notre système scolaire encore trop élitiste :

« Le problème d’un système éducatif basé sur la compétition, c’est que par définition, il n’y aura qu’un seul premier de classe par classe. Et si en plus l’on crée des classes dans lesquelles on met tous les premiers de classe, alors il y aura très peu d’enfants qui auront été premiers de classe toute leur vie. Et si quand on n’est pas premier de classe on croit qu’on est un moins que rien, cela veut dire qu’on crée une société dans laquelle la plupart des gens sont convaincus qu’ils ont très peu de valeur, et ça c’est juste catastrophique.

Par contre, si on apprend à coopérer, et si on apprend à se rendre compte qu’au-delà des capacités individuelles de chacun, le collectif est capable de faire des choses qu’aucun d’entre nous se saurait faire seul, alors on développe complètement une autre perspective, et que ce soit dans le monde de l’entreprise, le monde associatif ou même dans la famille : à tous ces échelons-là, on a évidemment besoin de coopérer pour arriver à faire mieux ensemble qu’on ne saurait faire seul. »

Une idée… bien plus sage que folle !

Nathalie Anton

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Non votre ado n’est pas feignant !

NonVotreAdoNestPasFeignant.inddManque de travail ! », « Peut mieux faire ! », « Bavarde et s’implique peu…» En lisant les commentaires du bulletin de votre ado, vous le suspectez de passer plus de temps à s’amuser qu’à travailler et concluez à sa fainéantise, même lorsqu’il prétend avoir fourni des efforts considérables. S’il est sincère, pourquoi perd-il pied ?

Le but de mon nouvel ouvrage au titre explicite, Non votre ado n’est pas feignant !, est précisément de recenser ce que votre adolescent doit gérer de la 6e jusqu’au baccalauréat, pouvant le bloquer dans sa scolarité : manque de méthode, difficultés dans la gestion de l’emploi du temps, mauvaises relation avec les enseignants ou avec les pairs… Et en plus des facteurs explicatifs, j’ai tenté de vous donner des clés pour que vous puissiez accompagner votre enfant dans la résolution de ses problèmes scolaires.

En espérant qu’en plus de ce blog, ce livre puisse vous être utile, vous le trouverez dès aujourd’hui dans toutes les librairies !

Nathalie Anton

Meilleurs voeux de réussite… mais qu’est-ce que la réussite ?

Avant de refermer ce blog pour les grandes vacances,  je voudrais rapporter les propos que Véronique Decker a tenus sur France Culture dans l’émission Rue des écoles le 21 mai dernier. En cette fin d’année scolaire, période d’orientation, de conseils de classes et d’examens, cette directrice d’école en Seine-Saint-Denis, auteure de l’ouvrage L’Ecole du peuple (1), nous explique ce qu’est, à ses yeux, la réussite scolaire :

« Je pense que la fonction de l’école n’est pas la réussite, parce qu’on ne sait pas de quoi l’avenir est fait, parce qu’on ne sait pas quelles formations permettront d’avoir de l’emploi ou que ces emplois apportent des salaires (…). La promesse de l’école publique, c’est l’émancipation, c’est à dire le fait que chaque enfant (…) puisse rencontrer des gens qu’il n’aurait pas rencontré avec ses parents, lire des livres qu’il n’aurait pas lus spontanément, visiter des lieux dans lesquels il ne serait pas allé (…), accéder à d’autres visions du monde. Et c’est ça la formation du citoyen, c’est à dire la possibilité de se décentrer de sa propre vision pour pouvoir aborder le regard de l’autre et être empathique à l’autre. Et pour moi la fonction essentielle de l’école, c’est de donner à aux enfants les outils de compréhension du monde qui permettent l’émancipation de leur pensée. (…) On voit à quel point ce mot de réussite donne aux gens une vision déformée du réel, parce qu’on n’est pas là pour réussir, s’en sortir, se sortir de quoi ? (…) L’objectif est que nous soyons capables de vivre tous ensemble et de trouver notre place, une place suffisamment juste socialement pour qu’il n’y ait pas un monde de winners et de loosers ».

Bonnes vacances à tous, et au plaisir de vous retrouver à la rentrée prochaine !

Nathalie Anton

(1) Editions Libertalia, Paris 2017

Illustration : Calvin and Hobbes, Bill Watterson