Prévenir les violences dans le couple dès le lycée : le violentomètre

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Je relaie aujourd’hui l’outil créé par le Centre Hubertine Auclert à la demande du Conseil Régional d’Ile de France, et baptisé : le violentomètre. Excellent support à la discussion, il est à diffuser auprès des lycéens, filles comme garçons, afin de prévenir certes les violences faites aux femmes, mais plus largement les violences au sein du couple. Rappelons les tristes chiffres officiels : au cours d’une année, 219 000 femmes de 18 à 75 ans sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles commises par leur ancien ou actuel partenaire intime (mari, concubin, pacsé, petit-ami ; ancien ou actuel ; cohabitant ou non). Le sujet est donc incontournable.

Le Violentomètre propose trois grands paliers avec des indicateurs, pour permettre aux jeunes de repérer que…

1. La relation est saine : 

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2. Il y a de la violence :

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3. La personne est en danger :

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Comme pour la prévention du harcèlement ou des conduites à risques, l’école ne doit pas laisser cette question à la porte au prétexte qu’il s’agit de l’intimité ou de la vie privée des élèves. Il faut au contraire les accompagner pour apprendre à tisser des relations saines, repérer les relations toxiques, et savoir comment réagir ou vers qui se tourner en cas de difficultés.

Nathalie Anton

Rapport sur « les violences sexistes à l’école »

Screen Shot 2018-06-08 at 10.14.12Le 30 mai dernier, l’Observatoire européen de la violence à l’école a publié un rapport dense et passionnant intitulé « Les violences sexistes à l’école Une oppression viriliste« , sous la direction d’Eric Debarbieux, sociologue et ancien délégué ministériel de la violence en milieu scolaire.

Sans entrer dans le détail des 131 pages consacrées à ce thème, je citerai aujourd’hui des extraits évoquant quelle est la part de l’école dans la fabrication des genres pouvant conduire à des violences sexistes, telles que celles mentionnées ci-dessous :

« Du voyeurisme dans les vestiaires, dans les toilettes aux attouchements à caractère sexuel, un pourcentage non négligeable de filles au collège, et moins au lycée, sont régulièrement victimes d’agressions. Les violences à caractère sexuel touchent plus particulièrement les filles : 7% des collégiennes déclarent des violences de cette catégorie contre 4% des collégiens. Les écarts de déclarations concernent particulièrement les attouchements sexuels (8% contre 3%) et les baisers forcés (7% contre 3%) et bien moins le voyeurisme (7% contre 5%). »

Les auteurs du rapports rappellent que l’école n’est pas hermétique aux préjugés liés au masculin et au féminin et que « par naturalisation, par habitude ou par continuité de la socialisation familiale, elle co-produit les différences et les hiérarchies entre les filles et les garçons » :

« La classe n’est pas un espace « neutre » et les pratiques pédagogiques restent marquées par un traitement différencié des filles et des garçons. (…) On laissera plus facilement les garçons prendre la parole sans forcément la redistribuer aux filles, on attendra plus de compétences et d’appétence des filles ou des garçons dans telle ou telle matière (l’éducation physique et sportive en est un bon exemple) …. et les notes ainsi que les orientations s’en ressentent, jusqu’à laisser penser aux élèves que ces « goûts » sont « naturels ». (…)

Face à ces conceptions genrées, « chaque garçon et chaque fille est contraint de construire son identité personnelle en prenant position par rapport à des attentes sociales traditionnellement propres à son sexe. Parmi les stéréotypes associés aux garçons, on peut citer les suivants : affirmatif, agressif, ambitieux, aventureux, casse-cou, confiant. » (…). A l’inverse, « les adjectifs majoritairement attribués aux filles sont : affectueuse, attentive, attirante, capricieuse, charmante, délicate, dépendante, soumise, pleurnicheuse. »

Ces stéréotypes culturels véhiculés souvent malgré soi ont des conséquences sur les comportements :

« Les garçons apprennent à s’exprimer, à s’affirmer, à contester l’autorité ; les filles à se limiter dans les échanges avec les enseignants, à prendre moins de place physiquement et intellectuellement, à être moins valorisées. A l’école, les garçons reçoivent davantage de contacts pédagogiques, bénéficient d’encouragements plus fréquents. Très tôt, les filles vont apprendre à se conformer à ce qu’on attend d’elles et agir en fonction. C’est aussi pour cette raison qu’elles sont « bonnes élèves » et qu’elles « préfèrent » l’école davantage que les garçons. »

L’opposition « masculin » / « féminin » associant les caractéristiques de supériorité aux garçons et de passivité aux filles conduit à une dévalorisation du féminin et un amalgame avec l’homosexualité :

« Quand un garçon est trop obéissant, les parents s’inquiètent pour deux raisons : la première parce qu’il s’éloigne des attentes stéréotypées, et la deuxième, non des moindres, est celle de l’homophobie. S’il est si gentil, peut-être sera-t-il homosexuel ? Comme si les dispositions, les comportements préfiguraient une future orientation sexuelle (…). A l’adolescence, l’identité masculine se façonne face aux groupes de pairs. C’est ainsi qu’elle va s’opérer sur la péjoration du féminin (ne pas être une fille, « une tapette ») et sur le fait d’être un vrai gars face au groupe des garçons. La socialisation des garçons dessine deux groupes bien distincts : ceux qui arrivent à montrer leur force, à être les plus forts, les plus virils ; et les autres qui risquent d’être déclassés dans la catégorie des sous-hommes, des « pédés ». Les démonstrations de force, les bagarres fréquentes, les insultes à caractère sexiste et homophobe constituent le quotidien de nombreux garçons au collège. (…)

Ce type de comportements discriminatoires et violents permettent de rejeter les garçons « différents » et permettent de construire l’identité des garçons sur une base homophobe, mais aussi de ramener les filles à des objets sexuels. En effet, ces actes posent dès l’école qu’il est « normal » pour un garçon de toucher une jeune fille sans son autorisation d’une part ; mais aussi pour les filles, ces actes sexistes non dénoncés intègrent qu’une fille doit s’exposer au regard des garçons, voire parfois que ce mode d’interaction violente est souhaitable car selon nombre de collégien-n-es, c’est un honneur réservé aux jolies filles. »

Et les auteurs du rapport de conclure : « cette lente mais précoce construction du masculin et du féminin entraîne des processus de hiérarchisation des différences, au détriment du féminin. Ce ne sont donc pas les différences entre les sexes qui sont ici remises en question, mais (comme pour toute discrimination) les hiérarchies implicites ou explicites qui sont légitimées par la société et l’institution qui en fait partie. Il n’est pas question de nier ici les différences, qui sont davantage une richesse, mais de dénoncer ce que Françoise Héritier nomme la valence différentielle des sexes et ses conséquences. C’est sur ce fond inégalitaire que se construit le sexisme, le refus du féminin, et dans son expression ultime et détestable les violences de genre. »

Prendre conscience de ces préjugés et de leurs conséquences relève donc de la responsabilité de tous les éducateurs, à l’école, comme à la maison.

Nathalie Anton

Image : United Nations (http://www.ohchr.org/EN/Issues/Discrimination/Pages/LGBT.aspx)

 

Non votre ado n’est pas feignant !

NonVotreAdoNestPasFeignant.inddManque de travail ! », « Peut mieux faire ! », « Bavarde et s’implique peu…» En lisant les commentaires du bulletin de votre ado, vous le suspectez de passer plus de temps à s’amuser qu’à travailler et concluez à sa fainéantise, même lorsqu’il prétend avoir fourni des efforts considérables. S’il est sincère, pourquoi perd-il pied ?

Le but de mon nouvel ouvrage au titre explicite, Non votre ado n’est pas feignant !, est précisément de recenser ce que votre adolescent doit gérer de la 6e jusqu’au baccalauréat, pouvant le bloquer dans sa scolarité : manque de méthode, difficultés dans la gestion de l’emploi du temps, mauvaises relation avec les enseignants ou avec les pairs… Et en plus des facteurs explicatifs, j’ai tenté de vous donner des clés pour que vous puissiez accompagner votre enfant dans la résolution de ses problèmes scolaires.

En espérant qu’en plus de ce blog, ce livre puisse vous être utile, vous le trouverez dès aujourd’hui dans toutes les librairies !

Nathalie Anton