Le Potentiel caché de votre ado

Je suis ravie d’annoncer aujourd’hui la sortie de mon nouvel ouvrage consacré au bien-être des adolescents : Le Potentiel caché de votre ado (éditions Eyrolles).

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Cet essai s’appuie sur le constat suivant : les parents et les enseignants se focalisent principalement sur les compétences scolaires, en négligeant tout un pan du développement des jeunes : celui qui touche à leurs relations, à leurs émotions et à leur aptitude à faire de bons choix. 

Or, les enfants et les adolescents nécessitent d’être accompagnés dans ces domaines, qui interfèrent avec leur réussite scolaire et leur épanouissement.

Comment leur apprendre par exemple à :

  • clarifier et gérer les émotions qui les submergent ?
  • éviter et résoudre les conflits ?
  • estimer leurs forces et leurs faiblesses ?
  • prendre des décisions responsables ?

Etonnamment, ces compétences indispensables font encore partie de l’implicite : on attend de nos jeunes qu’ils les possèdent sans vraiment se demander comment ils peuvent les acquérir ! Et trop souvent, c’est lorsqu’un problème éclate (anxiété trop forte, mauvaise gestion de son temps, brouille entre amis, situations de harcèlement, conduites à risques…) que l’on est contraint de les aborder.

C’est parce que ces compétences doivent se penser et s’enseigner en amont des problèmes que l’apprentissage socio-émotionnel a toute sa place à l’école et au sein de la famille. 

Cet ouvrage constitue une synthèse du programme dédié au bien-être des élèves que j’ai eu la chance de pouvoir développer de manière collaborative pendant six ans au Lycée Français de New York. Si l’Amérique du Nord est plus avancée que nous dans ce domaine, il n’est pas trop tard pour que tous nos jeunes puissent en bénéficier.

Bonne lecture !

Nathalie Anton

 

« Un esprit sain dans un corps sain »

J’évoquais dans mon dernier post consacré à la phobie scolaire différents facteurs pouvant conduire les enfants à éviter l’école. Je rebondis sur cette notion d’évitement en citant aujourd’hui un article paru le 11 mars 2014 sur le site Lemonde.fr, rapportant les conclusions d’un rapport présenté par l’Observatoire national de la sécurité et de l’accessibilité des établissements d’enseignement (ONS), consacré... aux toilettes des établissements :

« Les élèves évitent d’utiliser les toilettes dans près d’un tiers des collèges et lycées. (…) 28 % des établissements, surtout des collèges, ont signalé au moins un cas d’élève ayant renoncé à utiliser les toilettes scolaires, 42 % des élèves se plaignant du manque de papier, 32 % des odeurs, 23 % de la propreté, et 12 % du manque d’intimité des installations. (…)  La consommation de drogue et d’alcool concerne surtout les lycées, 10 % des LEGT et 11 % des LP signalant des cas d’absorption de boissons alcoolisées dans les sanitaires des garçons, 8 % des LP et 5 % des LEGT signalant des cas de consommation de drogue ».

S’il n’est évidemment pas question d’associer une pathologie aussi complexe que la phobie scolaire à l’état des sanitaires des établissements, il n’en reste pas moins que le goût pour l’école et la réussite dépendent aussi des conditions de bien-être qui lui sont associées. Les toilettes renvoient non seulement aux problématiques de la sécurité et du respect de l’espace commun, mais aussi à celles du corps et de l’intimité… Or, il est Impossible de bien penser lorsque le corps est souffrant : le problème des toilettes constitue d’ailleurs la question récurrente posée avec celle des menus de la cantine par les délégués aux conseils de classe ! Occulter ou minimiser le corporel au prétexte que l’éducation ne s’adresserait qu’à l’intelligence constitue une erreur déjà dénoncée par le poète latin Juvenal au Ier siècle de notre ère, et par les Humanistes de la Renaissance (cf. l’éducation de Gargantua proposée par Rabelais) : « Un esprit sain dans un corps sain » ! Telle est la devise qui doit présider à la mise en place d’un cadre de travail adapté et respectueux de l’élève dans son intégrité.

Nathalie Anton

Dormir plus pour lutter contre la fatigue ?

Quoi de plus à propos au retour des vacances qu’un sujet consacré au sommeil ? Nous nous appuierons aujourd’hui sur un article paru le 02/08/2013 sur Le Monde.fr, rapportant les conclusions d’une étude suédoise concernant la problématique suivante : dormir plus que de besoin permet-il de mieux lutter contre la fatigue ?

Le chercheur suédois Torbjörn Aakerstedt coordinateur d’une étude menée sur les habitudes de sommeil de plus de 6000 personnes apporte une réponse inattendue à cette question :

«Il n’y a aucun rapport entre la durée de sommeil habituelle d’un individu et la fatigue qu’il ressent

Certes, Torbjörn Aakerstedt établit bien une durée moyenne de sommeil – 6h55- en dessous de laquelle des conséquences néfastes sur la santé peuvent apparaître :

« Affaiblissement du système immunitaire, maladies cardiovasculaires, diabète de type 2, gain de poids ou encore accidents de la route ou du travail». Cependant, cette durée varie selon les âges : «D’après les chercheurs, les jeunes adultes ont besoin de huit heures de sommeil en moyenne, tandis que la durée se réduit à six heures chez les sexagénaires.»

De plus, la fatigue ressentie dépendrait davantage des facteurs génétiques, de l’âge et de l’état de santé de chaque individu, comme l’explique le chercheur dans l’article du Monde.fr : «« Les gens de 20 ans peuvent dormir encore plus, tout en se sentant fatigués dans la journée », parce que leur cerveau se développe encore.»

Par conséquent, lorsque l’on se sent fatigué après 8 heures de sommeil, cela ne signifie pas forcément que l’on n’a pas assez dormi et il est bon de s’interroger sur cette fatigue qui peut révéler des troubles physiques ou psychologiques, tout particulièrement à l’adolescence (voir notre article sur ce sujet).

Nous terminerons notre post du jour par quelques «chiffres clés du sommeil des Français» donnés par ce même article, les points 2 et 6 devant évidemment éveiller tout particulièrement l’attention des éducateurs…

  1. En 2012, le temps de sommeil des Français s’est établi à 7 heures en moyenne en semaine et à 8 heures le week-end.
  2. 30 % des Français dorment moins de 6 heures, en deçà du seuil réparateur (Institut national du sommeil et de la vigilance).
  3. A 1 heure du matin, une personne sur dix ne dort pas tandis qu’à 23 heures une personne sur deux est couchée (Insee).
  4. 96 % des personnes de 11 ans et plus dorment à 3 heures du matin.
  5. Trois quarts des Français disent se réveiller au moins une fois la nuit, 11 % au moins trois fois.
  6. 42 % des Français dorment avec leur téléphone mobile allumé.
  7. En un siècle, les Français ont perdu plus d’1 h 30 de sommeil (Haute Autorité de santé).

Nathalie Anton