Meilleurs voeux !

Je vous souhaite une nouvelle année clémente, rassurante, enthousiasmante, et… heureuse, bien sûr !

Deux petites citations pour la commencer, à propos d’une source de réconfort que les jeunes rencontrent aussi bien à l’école que dans leur famille : l’art, qui nous rassemble, nous comble et nous élève :

« Dans une période comme celle-ci, l’art permet de résister, dans un état de solitude forcée, à la désolation en redonnant le sens de l’appartenance à la communauté humaine. » (Gilles Boudinet, professeur des Universités en sciences de l’éducation).

La Danse, Matisse, 1909.

« L’art, que l’on contemple ou que l’on crée, expose d’abord à la nouveauté, la surprise ; ensuite à l’équilibre, la cohérence ; enfin à la parcimonie, c’est-à-dire au fait d’exprimer ce que l’on veut dire de la manière la plus élégante, unique et concise possible. Combiner ces trois processus dans le cerveau exige de se dépasser et de rechercher des ressources que l’on n’imaginait pas. » Olivier Houdé, professeur de psychologie du développement à l’Université de Paris.

Bonne reprise à tous !

Citations extraites de l’émission Etre et Savoir, 11 novembre, France Culture.

Très bonnes fêtes de fin d’année !

Je vous souhaite les meilleures fêtes possibles, dans ce contexte si bousculé, en espérant que 2021 n’apporte pas seulement un retour à la normale, mais bel et bien un renouveau.

Profitez (prudemment !) de vos proches, sans oublier, comme l’exprime si joliment Hobbes à Calvin dans cette vignette, que « les plus beaux cadeaux ne se trouvent pas dans des boîtes »…

Calvin and Hobbes, Will Watterson.

Gérer le stress des élèves au sein des classes

Pandémie, terrorisme, crise économique… Nous sommes aujourd’hui confrontés à une situation extrêmement anxiogène, dont la fin est incertaine et sur laquelle il est difficile d’avoir prise.

Les élèves subissent évidemment de plein fouet ces bouleversements sanitaires, politiques et sociaux, qui trouvent des échos plus ou moins forts au sein de leurs familles, confrontées à des soucis de santé ou à des inquiétudes financières. Pour eux s’ajoutent en plus l’enseignement à distance et la modification des examens.

Comment les aider, quand on est enseignant, à supporter un contexte aussi déstabilisant ?

Voici quelques pistes pour tenter de ramener un peu de sérénité au sein des esprits et des salles de classe…

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D’abord, soyons attentifs aux manifestations du stress : irritabilité, sautes d’humeur, nervosité, problèmes de concentration, fatigue, isolement… ces attitudes ne doivent pas trop rapidement être rangées dans les catégories “crise d’adolescence” ou “élève en difficulté”. En cette période particulière, il faut y prêter attention, et en parler avec la vie scolaire, les parents et le personnel médical au besoin. Il se peut en effet que d’autres symptômes soient associés, tels que des douleurs d’estomac, des maux de tête, des troubles du sommeil, des palpitations, qui pourraient confirmer l’anxiété ressentie.

Ensuite, ayons conscience que les préoccupations ont un impact sur la réussite scolaire des élèves : difficile de mémoriser une leçon ou d’écouter un cours quand on pense au pire ou qu’on est en déficit de sommeil. Ayons soin, par conséquent, de ne pas venir ajouter du stress supplémentaire par notre enseignement. Offrons-leur, pour ce faire, un cadre de travail rassurant, c’est-à-dire stable (fait de routines de classe), prévisible (sans contrôles “surprise”) et bienveillant (à travers des objectifs atteignables, la valorisation des efforts et le soutien apporté pour dépasser les difficultés).

Veillons par ailleurs, en concertation avec l’équipe pédagogique et les parents d’élèves, à la charge des devoirs donnés. Aidons-les, dans cette période où tout semble leur échapper, à garder le contrôle de leur travail scolaire, et consacrons si nécessaire plus de temps à l’organisation pour qu’ils ne se laissent pas submerger. Plus que jamais, nos élèves ont besoin de pouvoir se reposer et de se distraire.

A cet effet, continuons à proposer des activités stimulantes, via les travaux de groupes ou les projets interdisciplinaires, afin de favoriser l’entraide, la créativité et le plaisir d’apprendre.

Enfin, prenons le temps de discuter. Les soucis des élèves ne disparaissent pas quand ils entrent en classe, et s’il ne s’agit pas de laisser leurs préoccupations envahir les cours, il est important de ne pas non plus les ignorer. Le simple fait de leur laisser la possibilité d’exprimer leurs craintes et de se savoir écoutés permet de déjà de les soulager en partie.

En tant que professeure principale, je prends régulièrement cinq minutes au début d’une de mes heures de cours pour demander à mes élèves de 5ème d’écrire ce qui les préoccupe, sur une feuille que je ramasse après. Ils peuvent évoquer des difficultés personnelles, familiales, relationnelles, scolaires, poser des questions ou parler d’un événement dont ils ont été les témoins et qui leur semble problématique. Je leur dis que je reviendrai vers eux au besoin, soit individuellement sans la présence des autres, soit collectivement en heure de vie de classe. A cette occasion, je leur rappelle bien sûr les personnels de l’établissement vers lesquels ils peuvent se tourner : l’infirmier.e, le CPE, l’assistant.e social.e, ou le psychologue scolaire.

En effet, le fait d’appartenir à une communauté éducative attentive et soudée constitue un rempart solide pour résister à l’abattement et à l’impression de délitement qui peuvent toucher les enfants et les adolescents dont nous sommes en charge.

Nathalie Anton