Le rythme imposé par le collège ou le lycée se révèle parfois trop soutenu pour des élèves qui, pour diverses raisons, peuvent alors se trouver en situation de décrochage scolaire. Quels signes témoignent de ce désinvestissement et quelles réponses peut-on y apporter ?

 “Je lui faisais confiance”, “il me disait qu’il pouvait se débrouiller tout seul”, “elle me répondait toujours que tout allait bien”… L’annonce de la chute des résultats via le professeur principal ou le bulletin trimestriel constitue pour certains parents une véritable surprise. Pourtant, beaucoup reconnaissent que des signes jusqu’alors négligés, auraient pu être perçus comme des signaux d’alerte.

Tout d’abord, l’absence de notes. Les élèves qui commencent à voir leurs résultats chuter taisent souvent leurs mauvaises performances. Si les enseignants n’imposent pas de faire signer les copies ou si l’établissement ne fait pas parvenir un relevé de notes de mi-trimestre, les difficultés rencontrées momentanément par l’élève peuvent alors s’installer. Or, même si les évaluations sont moins fréquentes au lycée qu’au collège, elles n’en restent pas moins régulières et multipliées par le nombre de matières enseignées. Au bout de deux semaines sans note annoncée, il devient légitime d’entrer en contact avec le professeur principal par le biais du carnet de correspondance. En effet, soit l’enfant cache effectivement ses résultats, soit les enseignants ne proposent pas assez d’évaluations formatives (c’est à dire des contrôles de mi-parcours, permettant de vérifier que l’apprentissage se fait correctement) entre les évaluations sommatives (c’est à dire des bilans de fin de séquence). Dans les deux cas, le rendez-vous se justifie pleinement.

Ensuite, l’absence de soin et de travail. Un élève qui néglige l’importance du matériel, dont les cours sont mal pris, les cahiers et classeurs mal entretenus, qui répond invariablement qu’il n’a pas de devoirs à faire, et dont le cahier de textes ou l’agenda est vierge se trouve, très certainement, dans une situation de désinvestissement scolaire. Il ne faut surtout pas que les parents hésitent à se rendre au collège ou au lycée pour, là encore, rencontrer le professeur principal, ou consulter le cahier de textes de la classe qui se trouve à leur disposition et qui indique quels sont les devoirs qui ont été donnés dans chaque matière.

Enfin, les absences et les retards répétés. Un élève qui ne va pas en cours, ou qui rechigne pour y aller, témoigne d’un rejet de l’enseignement dispensé, ou de préoccupations annexes qui l’empêchent d’investir sa scolarité. Dans tous les cas, il convient de rencontrer le Conseiller Principal d’Education qui gère ces problèmes d’absentéisme et qui est à même d’établir un dialogue avec l’élève et les parents. Un jeune qui évolue en dehors de l’établissement alors qu’il devrait s’y trouver ne met pas seulement ses études en danger, mais parfois, lui-même…

Quelles solutions envisager face au décrochage scolaire ?

Proposer à l’élève décrocheur des cours de soutien au sein de l’établissement ou en dehors peut, d’une part, lui permettre de consolider ses bases ou de combler ses lacunes.

D’autre part, lui imposer des contraintes d’horaires et de travail, et vérifier plus régulièrement ses cours et son carnet de correspondance (principal témoin de son attitude au sein de l’établissement) s’avère dans presque tous les cas nécessaire.

Enfin, établir un dialogue posé et régulier avec son enfant, ainsi qu’avec les principaux acteurs du système scolaire (professeurs, CPE, conseiller d’orientation, médecin scolaire…) se révèle absolument primordial : des difficultés particulières, telles la dyslexie ou la dépression, peuvent échapper momentanément à l’attention des parents, et être décelées par des tiers. Un suivi psychologique doit donc également être envisagé, pour comprendre et dépasser les blocages qui empêchent le jeune de s’épanouir dans sa scolarité.

Nathalie Anton