L’école en couleurs

Afin de déterminer si des programmes vidéo mettant en scène des personnages de diverses couleurs de peau pouvaient influencer les enfants dans leur approche des différences d’origines,  le professeur Birgitte Vittrup a mené en 2010 une expérience au laboratoire de recherche de l’enfance à l’Université du Texas, auprès d’une centaine de familles de type caucasien, ayant un enfant de 5 à 7 ans.

Après avoir évalué les perceptions initiales de ces enfants en leur posant des questions telles que :

Combien de personnes blanches / noires sont gentilles / belles / malhonnête /etc. ?

(Presque tous / Beaucoup / Certains / Pas beaucoup / Aucun)

Ce professeur d’université a divisé pendant une semaine les familles en trois groupes avec comme consigne pour les premières de laisser les enfants regarder les vidéos sans faire de commentaire, pour les secondes de commenter en famille les programmes vus, et pour les troisièmes de parler des problématiques raciales sans support vidéo.

Constatant au bout de l’expérience qu’il n’y avait pas de changement significatif dans les représentations des enfants interrogés, ni de différences notables entre les trois approches, Birgitte Vittrup a approfondi son étude, et découvert que les parents des deuxième et troisième groupes avaient principalement abordé cette question en donnant des formules évasives, comme  «Tous les hommes sont égaux» ou «Quelle que soit la couleur de peau, nous sommes tous les mêmes».

Les parents craignaient en effet, en approfondissant ce sujet, de donner à leurs enfants l’impression qu’il s’agissait de divergences importantes, alors qu’ils cherchaient au contraire à les minimiser, voire à les occulter.

Mais, ainsi que la vidéo ci-dessous le montre,  il est apparu que les enfants voyant très clairement les différentes couleurs de peau tendaient à élaborer leurs propres théories, et à y associer des jugements de valeur où le noir s’apparentait au mauvais et le blanc, au bien.

VIDEO

« Beaucoup de parents croient, aussi naif que cela puisse paraître, qu’en ne parlant pas des différentes couleurs de peau, les enfants grandiront en étant daltoniens. Malheureusement, notre société ne l’est pas, et sans parents pour expliquer aux enfants ce qu’ils voient, entendent, constatent, ils sont livrés à leurs propres déductions pour comprendre tout cela », expliquait Birgitte Vittrup en mars 2010.

D’où l’importance pour les parents en particulier, et tous les éducateurs en général, de ne pas botter en touche ces questions qui se posent inexorablement à l’école, et qui peuvent encore aujourd’hui générer des attitudes de rejet de l’autre, et nourrir des sentiments d’infériorité voire de culpabilité.

Nathalie Anton

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