Le sommeil, facteur clé de l’apprentissage

Je souhaitais consacrer ce premier article de l’année scolaire à ce qui manque le plus cruellement aux enfants et adolescents lorsqu’ils ne sont plus en vacances : le sommeil. Celui-ci joue, comme on le sait, un rôle essentiel dans la consolidation des apprentissages et sa quantité insuffisante pourrait être la cause de nombreuses pathologies, notamment des troubles de l’attention chez l’enfant. Or voici une recommandation intéressante donnée par le neuroscientifique Stanislas Deheane dans son cours du 10 février 2015 au Collège de France, portant précisément sur l’importance du sommeil dans l’apprentissage :

« Chez les adolescents, les cycles de sommeil sont légèrement modifiés. Ce n’est pas de leur faute, ce n’est pas de la mauvaise volonté, c’est comme ça, et donc ils ont besoin de dormir de façon un petit peu décalée en se couchant plus tard et en se réveillant plus tard dans la journée. Et il n’est pas forcément nécessaire d’aller contre ce phénomène qui est strictement biologique apparemment, mais au contraire, des études ont montré que si l’école sait s’adapter, par ses horaires, au cycle particulier de sommeil de l’adolescent, tout le monde en bénéficie. Et donc c’est une intervention extraordinairement simple pour le Ministère de l’Education Nationale : décaler les horaires de manière à ce que les enfants des plus grandes classes puissent rentrer en classe un petit peu plus tard et avoir un meilleur sommeil. »

Faute d’avoir des établissements scolaires qui appliquent ce conseil plein de bon sens, nous ne pouvons que conseiller aux parents de laisser leurs adolescents dormir davantage le weekend, car même si leur dette de sommeil ne se rattrapera pas totalement, il est nécessaire qu’ils puissent bénéficier d’un repos de qualité, indispensable à leur réussite scolaire.

Nathalie Anton

Journée nationale du sommeil, le 18 mars !

Préoccupation récurrente sur ce site, le sommeil ou plutôt, le manque de sommeil, a un impact fort sur les performances physiques et intellectuelles de nos élèves. Mais au-delà de ce constat « scolaire », c’est avant tout une question de santé et de bien-être émotionnel dont nous devons être conscients.

A l’occasion de la journée nationale du sommeil, ce vendredi 18 mars, voici un extrait du rapport produit le professeur Damien Léger de l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance en 2012, bien sûr toujours d’actualité :

« La privation aiguë ou chronique de sommeil perturbe la performance physique : altérations cardiovasculaires, fatigue musculaire, troubles immunitaires, prise de poids, risque diabétique, troubles de l’équilibre thermique. Elle perturbe aussi l’équilibre psychologique : irritabilité, anxiété, dépression accompagnent les privations aigües ou répétées de sommeil. Les études épidémiologiques le démontrent : dormir moins de 6 heures par 24 heures est associé à une altération de la santé et une difficulté de récupération. (…)

De nombreuses études réalisées dans sept pays, dont la France, et sur de larges populations, ont montré un lien entre un sommeil court et l’élévation de l’indice de masse corporelle (IMC), à la fois chez l’adulte et l’enfant. Il est fondamental, à titre préventif, d’ajouter aux prescriptions de régime et d’exercice physique des conseils comportementaux relatifs au sommeil. Pour la croissance de l’enfant, chez l’adulte au travail comme chez la personne âgée, bonne durée et bonne qualité de sommeil ont un impact positif sur les performances physiques. Chez les athlètes de haut niveau le sommeil est un allié objectif de la performance.

Le déclin de la mémoire est une préoccupation majeure de santé publique. De même le stress et les risques psychosociaux sont au centre du débat de santé dans l’entreprise. Le sommeil, et en particulier le sommeil paradoxal, est un allié souvent ignoré pour faire face à ces problèmes. Le sommeil est essentiel à la mémoire, à l’attention, à la prise de décisions quel que soit l’âge de la vie. La privation de sommeil s’accompagne de troubles mnésiques et attentionnels dont les conséquences sont parfois dramatiques : accidents de la route, désinsertion professionnelle. De plus, un bon sommeil favorise une stabilité de l’humeur et une moindre anxiété. L’activité physique régulière joue sur la qualité du sommeil en favorisant un meilleur sommeil à ondes lentes. Chez les enfants et les étudiants une quantité et une qualité suffisantes de sommeil sont indispensables à l’apprentissage et au moment des examens. Ainsi, à tout âge, notre sommeil peut devenir un allié de nos performances physiques et intellectuelles. »

Nathalie Anton

Il faut dormir pour réussir !

Les journées s’allongent, les nuits raccourcissent, les examens approchent, la charge de travail s’accroît… Et le sommeil souvent en pâtit.

Pourtant, dormir est indispensable pour réussir, même si les adolescents l’associent souvent à une perte de temps. Cette petite vidéo de 5 minutes en anglais, sous-titrée en français les aidera à comprendre combien le sommeil favorise la concentration et la mémorisation :

http://ed.ted.com/lessons/the-benefits-of-a-good-night-s-sleep-shai-marcu

N’oublions pas que les adolescents ont besoin de nombreuses heures de sommeil, 9 heures par nuit selon certains neurologues. Or, si vous interrogez vos ados sur leur temps de sommeil, ils vous répondront parfois 6 heures voire moins… Et dormir plus le weekend ou pendant les vacances ne leur permettra pas de rattraper totalement les heures perdues !

Il est donc important de discuter avec eux de l’importance du sommeil, tout en veillant soi-même en tant que parents à ne pas leur envoyer de messages contradictoires (café le soir, écrans dans la chambre, travail tardif et lever aux aurores…), et en tant que professeurs à ne pas les surcharger de travail à la maison…

Parce que si l’on regarde les effets du manque de sommeil, au-delà même de la mémorisation et de la concentration, on comprend vite qu’il s’agit de la santé physique et mentale de nos enfants qui est ici en jeu :

http://www.huffingtonpost.fr/2014/01/12/manque-de-sommeil-effets-terrifiants-infographie_n_4583755.html

Les conséquences exposées sont si alarmantes que cela  nous empêcherait presque de dormir… Et pourtant !

Nathalie Anton