Rythmes scolaires et bien-être de l’enfant

Je profite de cette période de vacances de Printemps et de la publication du nouveau calendrier scolaire par le gouvernement pour citer le chronobiologiste François Testu, membre de l’Observatoire des rythmes et des temps de vie des enfants et des jeunes, interrogé la journaliste Marie Piquemal dans Libération le 2 avril dernier :

« Nous savons que pour les enfants, l’idéal est l’alternance entre sept semaines de classe et deux semaines de vacances. (…) Il faudrait revoir entièrement l’organisation de l’année scolaire, et prévoir six périodes de vacances et non cinq comme aujourd’hui. Cela permettrait de couper ce troisième trimestre bien trop long… »

Cette affirmation corrobore les conclusions formulées en 2010 par l’Académie de Médecine :

« Les périodes difficiles pour l’enfant sont l’automne, la période de la Toussaint (dont les vacances devraient être étendues à deux semaines), et l’hiver vers fin février ou début mars, » soulignant bien la nécessité « d’évoluer vers un calendrier de sept à huit semaines de classe et deux semaines de vacances. »

« Pour tenir compte des données biologiques il faudrait une année scolaire de 180 à 200 jours (avec comme corollaire la réduction des grandes vacances) , 4-6 h de travail par jour selon l’âge de l’élève, quatre jours et demi à cinq jours de classe par semaine en fonction des saisons ou des conditions locales. »

Outre Atlantique, le rapport « Prisoners of Time » de la Commission On Time And Learning publié aux Etats-Unis en 1994 par The National Education aboutissait il y a vingt ans déjà aux mêmes conclusions, recommandant de diviser les trop longues vacances d’été en des coupures au fil de l’année plus conséquentes et plus régulières.

Nathalie Anton

La semaine de quatre jours mise en cause

Annoncé par V. Peillon, le nouveau ministre de l’Education nationale, le retour à la semaine de quatre jours et demi à l’école primaire devrait supplanter la semaine de quatre jours introduite en 2008 par X. Darcos sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Cette mesure, qui satisfait la majorité des français (67% des personnes interrogées selon un sondage Ifop réalisé pour Dimanche Ouest France) s’appuie sur les conclusions des professionnels de la santé et de l’éducation ayant mis en lumière la nocivité de ce rythme scolaire instauré depuis quatre ans.

Un rapport publié sur ce thème le 19 janvier 2009 par l’Académie Nationale de Médecine (Aménagement du temps scolaire et santé de l’enfant, par Yvan Touitou et Pierre Bégué) expliquait ainsi les éléments suivants :

« Le sommeil a un rôle essentiel pour l’enfant sur le plan physiologique et psychologique car il permet un développement harmonieux, restaure les fonctions de l’organisme, lutte contre la fatigue et favorise les apprentissages.

La mauvaise qualité du sommeil a pour corollaire une altération des capacités d’apprentissage entraînant une faible réussite scolaire pouvant aller jusqu’au retard scolaire, des troubles d’anxiété, de dépression et du comportement (violence, hyperactivité, …). La qualité des résultats scolaires de l’enfant fatigué s’en ressent et peut aller jusqu’à l’échec scolaire si les adultes en charge de l’enfant (parents, enseignants, médecin) ne sont pas en mesure d’en neutraliser les raisons en améliorant la qualité de vie des enfants concernés.

L’aménagement du temps scolaire en France n’est pas en cohérence avec ces connaissances de la chronobiologie de l’enfant et cela à tous les niveaux de l’organisation, journée, semaine ou année scolaire.

 Pour tenir compte des données biologiques il faudrait une année scolaire de 180 à 200 jours [contre 144 aujourd’hui] (avec comme corollaire la réduction des grandes vacances), 4 –6 h de travail par jour selon l’âge de l’élève, 4 jours et demi à 5 jours de classe par semaine en fonction des saisons ou des conditions locales.

Un certain nombre d’études ont établi que les performances mnésiques sont meilleures après un week-end de un jour et demi comparé à un week-end de deux jours. »

Dans son article « La réduction du temps de travail des élèves est un formidable gâchis » publié dans le Monde du 30 mai 2012, l’historien de l’éducation Antoine Prost, reprend avec force ces conclusions citées :

« La première demi-heure de la matinée est peu productive : les élèves se réveillent, se mettent en train. Les capacités d’attention des enfants de 6-8 ans sont de l’ordre de 3,30 heures à 4 heures dans une journée. Elles augmentent avec l’âge, et se situent autour de 5 heures par jour à 12 ans. (…) Dans la journée de travail actuelle des élèves, il y a une ou deux heures stériles, où ils n’apprennent plus parce qu’ils sont saturés. (…) Nous avons fait jusqu’ici tout ce qu’il fallait pour qu’ils apprennent moins, et moins bien. »

Parmi les mesures proposées par l’Académie Nationale de Médecine pour remédier à ces problèmes constatés, nous retiendrons les cinq suivantes :

1) « Aménager la journée scolaire en fonction des rythmes de performance et enseigner les matières difficiles aux moments d’efficience scolaire reconnus, en milieu de matinée et en milieu d’après-midi.

 2) Aménager la semaine sur 4 jours et demi ou 5 jours en évitant la désynchronisation liée à un week-end dont le samedi matin est libre

 3) Respecter le sommeil de l’enfant et le considérer comme un sujet de santé publique au même titre que tabac, alcool et alimentation.

 4) Evoluer vers un calendrier de 7-8 semaines de classe et 2 semaines de vacances ce qui implique un remaniement des 1er et 3è trimestres.

 5) Alléger le temps de présence quotidien de l’élève à l’école en fonction de son âge. »

Attendons de voir ce proposera le nouveau gouvernement sur ce sujet sensible qui, bien que générant de nombreux conflits d’intérêt, devrait avoir celui des enfants comme priorité.

Nathalie Anton

Travailler au bon rythme

Les emplois du temps des collèges et lycées demandent aux élèves un investissement considérable :  écouter, comprendre, composer, s’entraîner, s’appliquer, s’impliquer, bref, rester concentré de la première à la dernière heure de cours relève parfois de l’exploit ! Où trouver les ressources pour travailler, le soir, à la maison ? Comment gérer au mieux ce temps extra-scolaire, fait d’étude et de détente ? Quel rythme un élève peut-il adopter pour optimiser ses chances de réussite ?

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