« Adolescence et prise de risques » (fin)

Comme prévu, nous concluons aujourd’hui, par cet article, la réflexion autour de la prise de risque à l’adolescence, par un petit bilan des raisons qui pourraient motiver le goût du danger si fréquent à cet âge :

 

– Affranchissement des interdits parentaux

– Renversement des rapports parents-enfants établis

– Retournement de la haine contre soi : « grandir étant un acte agressif », comme l’explique Winnicott, l’adolescent qui prend, en devenant adulte, la place de ses parents, peut inconsciemment retourner cette haine contre lui

– Appropriation de son propre destin

– Expérience de la toute-puissance dans un acte de renaissance : « je ne dois plus ma vie qu’à moi-même, m’étant confronté à la mort »

– Valorisation auprès de ses pairs

– Besoin de reconnaissance narcissique de son nouveau corps

– Décharge pulsionnelle, difficulté à différer et à gérer les montées d’excitation

– Importance donnée à l’immédiateté et à la sensation, moins douloureuse que la pensée ou l’émotion

– Difficulté de se penser dans la durée, mort peu concrète

– Besoin de se sentir vivant à travers des sensations extrêmes

– Appel à l’aide, douleur psychique transférée sur le corps, avec pour bénéfice secondaire un retour d’attention des proches

– Recherche d’arrêt de la pensée (griserie, ivresse, coma, mort)

– Tentative de suicide déguisée

 

Cette énumération bien sèche et peu exhaustive, n’a pour seul intérêt que de montrer qu’il ne faut jamais négliger une prise de risque réitérée ou excessive chez un adolescent, puisqu’elle peut révéler un grand désarroi, voire une réelle  souffrance.

Face aux motivations souvent inconscientes qui sous-tendent ces pratiques, un accompagnement psychologique s’avère dans de nombreux cas tout à fait utile voire nécessaire.

 

Nathalie Anton