Promouvoir la lutte contre les discriminations

Le 12 février dernier, le gouvernement a lancé une nouvelle plateforme contre les discriminations. Désormais, les victimes comme les témoins de discriminations peuvent composer le 3928, ou se connecter au site antidiscriminations.fr où un tchat est disponible avec des juristes spécialisés dans ce domaine.

Mais pour savoir si une discrimination est à l’oeuvre, encore faut-il la repérer… D’après la loi (1), « constitue une discrimination directe la situation dans laquelle une personne est traitée de manière moins favorable qu’une autre ne l’est, ne l’a été ou ne l’aura été dans une situation comparable« , selon certains fondements.

Quels sont ces critères de discrimination ? Ils sont très nombreux au regard du droit :

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De plus, constitue une discrimination tout agissement lié à l’un de ces motifs ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à a dignité d’une personne, ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant. Par exemple, le fait d’être dénigré par ses collègues en raison de son orientation sexuelle.

Enfin, une discrimination peut être indirecte, dans le cas où une règle qui touche tout le monde défavorise dans les faits un groupe de personnes. Par exemple, le fait qu’il y ait un critère de taille à l’embauche peut exclure les femmes, en moyenne plus petites que les hommes.

Dans son dossier de presse, le gouvernement rappelle que « les discriminations subies par les Français se manifestent en premier lieu dans le domaine de l’emploi. Elles représentent 47 % de l’ensemble des réclamations reçues par le Défenseur des droits en 2019, dont plus de 28 % dans le secteur privé et 18 % dans le secteur public. Concrètement, il s’agit de refus d’embauche, de refus d’accès à la formation professionnelle, d’absence d’évolution de carrière ou encore de licenciement. »

Concernant le thème de mon dernier ouvrage consacré aux stéréotypes de genre, Le Manuel qui dézingue les stéréotypes, il apparaît que les discriminations en raison du sexe représentent 12,7% des réclamations reçues. « Qu’il s’agisse des écarts de rémunération, de l’évolution dans la carrière professionnelle, pénalisée dans le halo de la maternité, mais aussi dans l’accès au logement, au crédit ou aux assurances, les femmes sont exposées aux discriminations, et ce dans tous les domaines de la vie.« 

Les discriminations en raison de l’orientation sexuelle sont elles aussi nombreuses : « en 2017, les saisines pour discrimination en raison de l’orientation sexuelle reçues par le Défenseur des droits se manifestaient majoritairement dans l’emploi à hauteur de 41 %, dont 21 % pour la fonction publique et 20 % dans le secteur privé. »

N’oublions pas que les discriminations sont les conséquences de préjugés qui se transmettent parfois à notre insu dès le plus jeune âge, même à l’école qui est pourtant censée accueillir tous les enfants de la même façon.

N’hésitez pas à communiquer sur l’existence de cette nouvelle plateforme, et restons tous vigilants sur ces questions d’égalité, qui sont au fondement même de notre démocratie. Allez, pour rappel :

  • Un numéro de téléphone : le 39 28 (de 9h à 18h,prix d’un appel local) ;
  • Un tchat (de 9h à 18h) et accessible aux personnes sourdes et malentendantes ;
  • Une plateforme web et d’une web app via www.antidiscriminations.fr.

Nathalie Anton

(1) Loi n° 2008-496 du 27 mai 2008.

«DAY OF SILENCE», un jour du silence pour parler des diverses orientations sexuelles à l’école.

«Oserais-tu venir à l’école main dans la main avec la personne que tu aimes ?» La réponse des lycéens varie sensiblement lorsque l’on précise «une personne du même sexe que toi»…

Parler à son entourage de son homosexualité demeure encore aujourd’hui difficile, même dans les endroits apparemment les plus ouverts à la diversité, et encore plus à l’adolescence où la pression des pairs et les attentes parentales s’exercent pleinement. La crainte de décevoir et de devenir l’objet de moqueries, d’exclusion, d’agressions demeure très forte… et l’on peut concevoir la nécessité d’avoir à se cacher derrière cet éventail de menaces allant des plaisanteries «anodines» dévalorisant l’homosexualité, aux exemples de pays dans lesquels elle est encore hors-la-loi.

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Afin d’illustrer la violence du silence auquel sont contraints les homosexuels mais aussi les bisexuels et transgenres, l’association américaine GLSEN (Gay Lesbian and Gay Education Network) a créé en 1996 l’opération «Day of Silence», permettant chaque année aux élèves et aux éducateurs (selon des modalités précises et adaptables) de rester silencieux pendant toute une journée, afin de s’afficher comme alliés vis-à-vis des homosexuels et d’illustrer et d’expérimenter la difficulté d’avoir à taire ce que l’on brûle de dire. 

Cette action a eu lieu cette année le 11 avril dernier, et s’il peut sembler paradoxal de choisir le silence pour lutter contre celui-ci, cette action qui rassemble des milliers d’écoles constitue un indéniable moyen d’ouvrir en amont comme en aval le dialogue sur ce sujet avec toute la communauté scolaire.

Nathalie Anton