Du pourquoi du par coeur…

Petite citation de bon sens extraite d’une interview donnée aux Cahiers Pédagogiques par Pascal Thomas, chef d’établissement de Loos-en-Gohelle dans le Pas-de-Calais :

« On insiste souvent sur la nécessité d’apprendre par cœur mais rarement sur l’usage concret des connaissances dans la résolution d’une situation problème. On a bien entendu besoin de connaissances mais on ne se pose pas toujours la question de la compétence. Mon école idéale contribue à développer un esprit critique et vise à rendre les élèves plus autonomes face aux apprentissages. Elle essaie aussi de rendre les élèves plus citoyens et plus investis en faveur des autres. »

Le par coeur constitue une étape parmi d’autres pour développer la mémoire, les capacités de concentration, accéder à l’autonomie dans la réflexion, mais elle ne doit pas occulter en effet la question du sens ni gommer les autres compétences liées à l’apprentissage. D’ailleurs, raisonner et apprendre par coeur ne sont pas incompatibles puisque trouver des moyens mnémotechniques pour mieux retenir les leçons ou s’interroger sur la signification de ce que l’on apprend favorise la mémorisation tout en stimulant la logique et la réflexion.

Vous pourrez retrouver l’intégralité de cet entretien en cliquant… ici !

N. Anton

Qu’est-ce que la «Flipped Classroom» ?

Contrairement à ce qu’une traduction hâtive pourrait laisser penser, la «flipped classroom» n’est pas une classe terrifiée, mais une classe inversée

Cette inversion ne réside pas dans un échange de rôles où les élèves prendraient la place du professeur vis-à-vis du groupe (expérience en effet parfois Ô combien terrifiante !)

L’inversion consiste en fait à permuter le cours dispensé en classe par l’enseignant avec le travail donné à faire aux élèves à la maison. Confus ? Tentons de clarifier…

Dans un modèle pédagogique traditionnel, la classe est le temps pendant lequel le professeur présente et développe un contenu pédagogique qu’on pourrait appeler la leçon. Dans un second temps, le professeur donne cette leçon à apprendre chez eux aux élèves, avec un certain nombre d’exercices d’application. Or, la répartition traditionnelle de ces deux temps suscite plusieurs critiques :

 1) Pendant la classe : 

  • Le professeur se situe au centre du savoir, et le développement de son contenu d’enseignement se fait au détriment des interventions des élèves.
  • La relation au savoir est passive, les élèves étant placés comme consommateurs face à l’enseignement dispensé, au lieu d’être (co-)auteurs, (co-)constructeurs des connaissances.
  • Le cours fait par l’enseignant s’adresse au groupe-classe dans son ensemble, et non à chaque élève : difficile dans ce cadre de favoriser la différenciation pédagogique.

 2) A la maison :

  • Si l’on se réfère à la taxonomie du psychologue et pédagogue américain Benjamin Bloom (1913-1999), l’apprentissage se ferait par paliers de difficulté croissante.  Or, dans le modèle traditionnel, les activités les plus simples comme écouter, mémoriser et appliquer (en reproduisant pratiquement à l’identique le modèle) se feraient en cours, alors que les tâches les plus complexes comme analyser, synthétiser voire créer se feraient à la maison, sans l’appui du professeur.

Face à ce constat, des enseignants américains comme Salman Khan ou Jonathan Bergmann et Aaron Sams, ont proposé de consacrer le temps des devoirs maison à la découverte du contenu du cours, et de consacrer le temps de la classe à l’évaluation de la compréhension de ce contenu puis à des exercices adaptés à chacun des élèves.

 La classe devient dans ce nouveau modèle un lieu actif où les élèves travaillent seuls ou en groupes avec plus d’autonomie, maniant les notions vues chez eux et reprises par l’enseignant en fonction des besoins de chacun.

 On parle ainsi de «classe inversée», puisque le cours est dispensé à la maison, soit sur un support écrit (manuel, polycopiés…), soit sur un support vidéo. La véritable innovation se situe bien là, dans l’apparition des cours en ligne, comme ceux que proposent par exemple la Khan Academy ou Ted-Ed… Notamment parce que ces cours clé en main incluent des évaluations formatives automatiquement corrigées en ligne. Le professeur dont le groupe-classe est équipé d’ordinateurs ou de tablettes peut ainsi commencer son cours par une évaluation de la compréhension de la leçon regardée et mémorisée à la maison, et voir s’afficher immédiatement les résultats de chaque élève sur son interface. Il peut alors sans délai proposer des activités individualisées et se concentrer sur l’aide adaptée aux difficultés identifiées…

 Renversant, non ?

Nathalie Anton

Travailler dans le bon cadre

En dépit de leur bonne volonté, les élèves ne parviennent pas toujours à travailler chez eux correctement. Comment faire pour que l’environnement dans lequel ils évoluent et qui conditionne la qualité de leur attention,  soit propice au travail ? 

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