« Clinique de l’adolescent fumeur de joint »

C’est le titre d’un article publié par Alexandre Har, psychologue clinicien et docteur en psychologie, dans Le Journal des psychologues de décembre / janvier 2012, dont nous avons choisi de vous livrer aujourd’hui un extrait :

« En fonction de la quantité consommée, de la fonction du cannabis dans la régulation émotionnelle, de la désinsertion sociale, la consommation d’un adolescent peut devenir rapidement problématique. (…)

Les répercussions d’un usage abusif, puis d’une dépendance s’observent à plusieurs niveaux :

Sur le plan du fonctionnement individuel, la symptomatologie s’exprime dans le domaine cognitif par une baisse des capacités attentionnelles et de concentration. Une baisse des résultats scolaires s’ensuit. Elle s’accompagne aussi d’un éloignement des activités sportives ou associatives. La qualité du sommeil s’altère avec, généralement, un inversement du rythme veille-sommeil. L’adolescent est souvent fatigué, il devient plus facilement irritable et entre en conflit plus rapidement. Pour certains, les absences non justifiées se cumulent. L’échec scolaire ne tarde pas à s’instaurer.

Sur le plan social, une lente sélection et réorganisation des fréquentations s’opèrent. Les copains sont tous des fumeurs. Les relations familiales sont plus tendues. Les sorties en soirée sont l’objet de disputes répétées ».

D’après les statistiques de 2011 de l’INSEE, 41,5% des adolescents de 17 ans ont déjà expérimenté le cannabis. Ce chiffre conséquent doit cependant être nuancé puisque, dans le mois précédant l’enquête, 22,4 % d’entre eux en ont consommé une seule fois, 6,5%  plus de 10 fois, et 3% quotidiennement.

Toutefois, comme nous l’avons évoqué dans l’article « Adolescence et toxicomanie », même une consommation occasionnelle doit susciter, à l’adolescence, la vigilance des adultes. S’il convient de ne pas diaboliser le produit au risque de rompre tout dialogue avec le jeune, il ne faut surtout pas le banaliser et ne pas hésiter à se tourner vers les personnels de santé compétents pour tenter de trouver une réponse à cette problématique.

Nathalie Anton

La consommation de drogue des adolescents en 2008

L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) a publié récemment les résultats de son enquête Escapad, menée en 2008 auprès de 40 000 jeunes de 17 ans. Il apparaît ainsi que la consommation du tabac diminue (41,1% de consommateurs quotidiens en 2000 contre 29% en 2008), ainsi que celle du cannabis (12,3% de consommateurs réguliers en 2003 contre 7,3% en 2008) et de l’alcool (14,1% d’usagers réguliers consommant au moins 10 fois dans le mois en 2003, contre 9% en 2008).

Cependant, l’étude révèle que les adolescents expérimentent de plus en plus de drogues « rares » telles que la cocaïne (de 0,9% en 2000 à 3,3% en 2008), les amphétamines (de 1% à 2,7%), l’héroïne (de 0,7% à 1,1%) ou le poppers, en très forte augmentation (de 2,4% à 13,7 %).

Ces substances sont particulièrement recherchées dans un cadre festif, pour leurs effets stimulants, euphorisants et aphrodisiaques. La cocaïne se trouve par ailleurs associée à un univers jet-set très attractif, et il semble que les adolescents méconnaissent sa dangerosité.

Pourtant, les états instables, dépressifs et anxieux provoqués par ces produits sont avérés, de même que la dépendance psychique qu’ils induisent. Il convient par conséquent ni d’en banaliser l’usage, ni d’en faire un sujet tabou avec ses enfants, confrontés de plus en plus à cette réalité : les informer des dangers qu’ils courent en expérimentant ces substances est un moyen de prévention plus efficace que l’indifférence feinte.

Je vous renvoie pour plus d’informations sur ce thème à un article déjà paru sur ce blog :

Adolescence et toxicomanie

Ainsi qu’au site de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie :

MILDT

Et à celui de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé :

INPES

Nathalie Anton

Adolescence et toxicomanie

Depuis la seconde moitié du XXème siècle, la consommation de substances agissant sur le psychisme (appelées psychotropes) s’est beaucoup développée, notamment chez les jeunes, après les années 70. Les sensations d’euphorie, de détente ou de désinhibition engendrées artificiellement par des produits licites (alcool, tabac, médicaments) ou illicites (haschich, ecstasy, cocaïne, LSD, héroïne, etc.), s’avèrent particulièrement recherchées à l’adolescence. Cependant, la prise de psychotropes peut témoigner d’un malaise sous-jacent et représenter un grave danger sur les plans physique, psychique, familial et social. Comment, en tant que parent, saisir et dénouer le lien parfois mortifère qui unit un adolescent à la prise de toxiques ?

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