Stress et examens : ultimes conseils !

Calvin and Hobbes

A l’heure où le brevet se profile et où le baccalauréat démarre, sinon en fanfare, tout du moins en philo, je souhaite à tous les jeunes embarqués dans ces épreuves de faire de leur mieux, et à leurs parents de rester confiants ! Si la fin de l’année scolaire est attendue comme une libération par la grande majorité des élèves, elle constitue aussi une source de stress intense lié aux décisions d’orientation, et surtout à la barrière parfois périlleuse des examens à franchir…

Face aux montées d’angoisse bien compréhensibles, rassurons tout d’abord les ados : le stress est, à petite dose, bénéfique, car il leur procure de l’énergie pour rester motivés et concentrés, et pour être capables de mieux mémoriser et d’atteindre les buts qu’ils se sont fixés.

Toutefois, trop de stress peut conduire au sentiment d’être submergé, d’arriver à saturation au point de ne plus être capable d’étudier, de perdre l’appétit ou de ne plus dormir. Dans ce cas, il convient de leur donner quelques astuces pour faire redescendre la pression.

  • Identifier la cause du stress, et tenter de trouver des stratégies pour y faire face : si l’oral paralyse votre enfant, par exemple, rédigez avec lui des phrases types d’introduction et de conclusion et entraînez-le à les réciter.
  • Bien manger et bien dormir : si dans cette période d’examens, les efforts se concentrent tout particulièrement sur les capacités cognitives (mémoire et réflexion), il faut cependant veiller à ce que le corps ne soit pas négligé : manger équilibré et dormir si possible 8 heures par nuit constituent des piliers de la réussite.
  • Réduire les excitants : attention aux doses de caféine, qui nuisent au bon sommeil et accentuent les palpitations…
  • S’aérer, faire du sport au moins 30 minutes par jour : cela aide à prendre du recul, à se sentir bien,à éprouver une saine fatigue.
  • Se détendre : prendre un bain, pratiquer quelques minutes de mindfulness, se concentrer sur une musique que l’on aime permet de décompresser.
  •  S’organiser : une journée ne compte que 24 heures, moins toutes celles nécessaires au sommeil, aux repas et à la détente évoquée précédemment. Faire un planning réaliste de ce que l’on peut faire dans le temps resté libre permet d’éviter de s’éparpiller. Il faut lister les priorités et s’y tenir !
  • Trouver les bons outils : relire tout le manuel d’histoire n’est plus envisageable. En revanche, trouver les grands points des chapitres sur des fiches déjà réalisées, ou dans des annabrevets ou des annabacs sera bien plus utile et bien plus rassurant.
  • En parler ! En exprimant ses inquiétudes à ses parents, à ses amis, à ses professeurs, on peut trouver du réconfort, des conseils, et remettre les choses en perspective.

Alea jacta est et bon courage !!

Nathalie Anton

Image : Calvin and Hobbes, Bill Watterson

NonVotreAdoNestPasFeignant.indd

 

Publicités

Le bac : un rituel initiatique ? Le point de vue de Boris Cyrulnik

La fin de l’année approche, avec ses autorisations de passage délivrées par les conseils de classe ou les examens scolaires, le plus emblématique restant évidemment le baccalauréat. Si son obtention ouvre la porte de l’enseignement supérieur, certains voient également en lui une entrée symbolique dans l’âge adulte. Le psychanalyste Boris Cyrulnik, interrogé par Guillaume Erner sur France Culture le 20 mai dans l’émission « L’invité des Matins« , soulignait au contraire l’insuffisance de cet horizon scolaire, et mettait en valeur un autre rite initiatique valorisé dans d’autres pays que le nôtre…

« Ce besoin d’initiation, les adolescents le cherchent et se le provoquent eux-mêmes. Il n’y a rien de pire que l’absence d’événement dans une vie (…) et un adolescent qui n’a pour seul événement que de passer son bac, c’est une initiation tragique car elle n’est faite que d’angoisse et d’immobilité physique… (…) « J’ai besoin moi, adolescent, de me mettre à l’épreuve pour avoir la preuve de ce que je vaux » : notre culture a complètement oublié ça. Ce qui fait la sélection aujourd’hui c’est l’immobilité physique et la répétition de quelques règles de grammaire. (…) Je crois que les pays d’Europe du Nord ont trouvé une initiation moderne. C’est à dire qu’après l’équivalent du bac, les jeunes font une année sabbatique. Ils ont 18 ans, ils arrêtent de faire des études pendant un an ou deux. Ils partent dans un pays étranger, souvent aux Etats-Unis, ils apprennent une langue, ils gagnent leur vie avec des petits métiers (…) et quand ils reviennent, ils sont fiers d’eux ! Ils sont devenus adultes et à ce moment-là seulement, ils reprennent les études. Je me demande pourquoi on fait sprinter nos enfants, alors qu’aujourd’hui plus d’une petite fille sur deux qui arrive au monde sera centenaire : elle peut bien perdre un an ou deux quand même ! On peut prendre un an ou deux pour construire, pour muscler sa personnalité… On les fait sprinter, et ensuite on les assoit derrière un ordinateur… C’est à dire que c’est le contraire de ce qu’il faut faire. Beaucoup de pays maintenant inventent des processus d’initiation qui rendent les adolescents fiers d’eux parce qu’ils ont triomphé d’une épreuve. »

Une belle occasion pour moi de vous souhaiter d’excellentes vacances !

Nathalie Anton