Le bac : un rituel initiatique ? Le point de vue de Boris Cyrulnik

La fin de l’année approche, avec ses autorisations de passage délivrées par les conseils de classe ou les examens scolaires, le plus emblématique restant évidemment le baccalauréat. Si son obtention ouvre la porte de l’enseignement supérieur, certains voient également en lui une entrée symbolique dans l’âge adulte. Le psychanalyste Boris Cyrulnik, interrogé par Guillaume Erner sur France Culture le 20 mai dans l’émission « L’invité des Matins« , soulignait au contraire l’insuffisance de cet horizon scolaire, et mettait en valeur un autre rite initiatique valorisé dans d’autres pays que le nôtre…

« Ce besoin d’initiation, les adolescents le cherchent et se le provoquent eux-mêmes. Il n’y a rien de pire que l’absence d’événement dans une vie (…) et un adolescent qui n’a pour seul événement que de passer son bac, c’est une initiation tragique car elle n’est faite que d’angoisse et d’immobilité physique… (…) « J’ai besoin moi, adolescent, de me mettre à l’épreuve pour avoir la preuve de ce que je vaux » : notre culture a complètement oublié ça. Ce qui fait la sélection aujourd’hui c’est l’immobilité physique et la répétition de quelques règles de grammaire. (…) Je crois que les pays d’Europe du Nord ont trouvé une initiation moderne. C’est à dire qu’après l’équivalent du bac, les jeunes font une année sabbatique. Ils ont 18 ans, ils arrêtent de faire des études pendant un an ou deux. Ils partent dans un pays étranger, souvent aux Etats-Unis, ils apprennent une langue, ils gagnent leur vie avec des petits métiers (…) et quand ils reviennent, ils sont fiers d’eux ! Ils sont devenus adultes et à ce moment-là seulement, ils reprennent les études. Je me demande pourquoi on fait sprinter nos enfants, alors qu’aujourd’hui plus d’une petite fille sur deux qui arrive au monde sera centenaire : elle peut bien perdre un an ou deux quand même ! On peut prendre un an ou deux pour construire, pour muscler sa personnalité… On les fait sprinter, et ensuite on les assoit derrière un ordinateur… C’est à dire que c’est le contraire de ce qu’il faut faire. Beaucoup de pays maintenant inventent des processus d’initiation qui rendent les adolescents fiers d’eux parce qu’ils ont triomphé d’une épreuve. »

Une belle occasion pour moi de vous souhaiter d’excellentes vacances !

Nathalie Anton

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Epreuve anticipée de français : dernière ligne droite !

Quels derniers conseils donner aux candidats de première qui s’apprêtent à passer lundi 19 juin l’épreuve anticipée de français ? Voici les réponses apportées par des professeurs du Lycée Français de New York qui viennent de corriger les copies des candidats d’Amérique du Nord ayant composé le 5 juin dernier…

Les meilleures copies sont soignées, bien écrites, agréables à lire, fluides, et témoignent de bonnes connaissances culturelles, notamment concernant les genres (poésie et théâtre cette année). Elles s’appuient pour répondre sur les textes ou des exemples de manière précise et organisée, en prenant en compte tous les aspects du sujet.

Les derniers conseils à donner aux élèves qui vont composer lundi prochains sont donc les suivants :

Lisez et analysez bien les sujets ! La question de corpus n’a pas assez attentivement lue, et les hors-sujets ont été nombreux… N’oubliez pas que cette question est un travail de synthèse qui ne doit pas excéder deux pages : la réponse ne doit pas être aussi longue que le travail d’écriture. Il faut citer tous les textes du corpus et répondre à la question de manière organisée.

Ne vous contentez pas du minimum pour l’écriture d’invention, cherchez à étoffer ! Il faut notamment contextualiser ce travail, lui donner une raison d’être : pour les séries ES et S par exemple, il fallait imaginer cette année les consignes écrites par un metteur en scène à ses comédiens : il fallait donc poser un cadre, celui d’une répétition générale imminente, par exemple, ou d’un départ en tournée.

Rappelez-vous que le commentaire n’est pas une description du texte, mais une analyse des procédés utilisés pour produire des effets et du sens : pourquoi l’auteur écrit cela, comment ? dans quel but ? Il faut impérativement éviter la paraphrase !

Pour la dissertation, faites une analyse précise du sujet puis organisez vos idées en parties distinctes. Donnez des exemples variés et précis montrant que sujet est compris et que vous avez de la culture !

Enfin et évidemment : écrivez proprement et lisiblement. Sautez des lignes, faites des alinéas : montrez que votre pensée est claire et structurée… Faites plaisir à votre examinateur en lui rendant la lecture agréable !

Je souhaite pour ma part bonne chance à tous les candidats : qu’ils arrivent, le jour de l’épreuve : 

– frais et dispos

– pièce d’identité et convocation à la main 

– trousse et bouteille pleines

– barres de céréales et de chocolat en poche

– et le plus important… pleins de confiance en eux !

Pour plus de détails sur les épreuves à venir, n’hésitez pas à cliquer sur ce lien :

http://baccalaureat.blog.lemonde.fr/

Nathalie Anton