L’anxiété de performance

Qu’il émane du cercle familial ou scolaire, qu’il fasse l’objet d’attentes explicites ou implicites, conscientes ou inconscientes, le poids de la réussite peut conduire chez certains élèves au développement d’une véritable anxiété de performance, dont les manifestations principales sont les suivantes : Lire la suite

Angoisse et scolarité, la pression de réussite

Selon le rapport « Adolescents en France : le grand malaise » publié par l’UNICEF en 2014, 86 % des 11232 jeunes de 6 à 18 ans interrogés répondent se sentir en sécurité à l’école. 

Pourtant, ce sentiment de sécurité matérielle et relationnelle est contrebalancé par une autre forme d’insécurité ressentie : celle de ne pas satisfaire aux exigences scolaires. En effet, selon cette même étude, 69 %  des élèves se disent parfois angoissés à l’idée « de ne pas réussir assez bien à l’école ».

Or, ces manifestations anxieuses apparaissent chez des enfants très jeunes qui ne sont pourtant ni en situation d’examen ni confrontés à des choix d’orientation.

Dans son émission Rue des Ecoles, diffusée le 14 février dernier sur France Culture, Louise Touret interrogeait précisément le psychiatre Patrice Huerre sur les raisons de l’apparition de ces troubles chez des élèves de plus en plus jeunes.

Sa première réponse a permis d’expliquer que les adultes font aujourd’hui plus attention aux symptômes anxieux chez leurs enfants, et qu’ils consultent par conséquent davantage à ce sujet.

Cependant, il a également rappelé que « les enfants sont des éponges et s’imprègnent de l’angoisse de l’entourage ». Lorsque les parents, comme les enseignants, véhiculent auprès des jeunes une trop forte pression de réussite, ils n’offrent pas à l’enfant la sécurité psychique d’apprendre en pouvant faire des erreurs.

Les auteurs du rapport de l’UNICEF cité précédemment établissent ainsi un lien de cause à effet très clair entre cette angoisse exprimée par les élèves et « la culture du classement et de la compétition scolaire que les spécialistes jugent trop répandue en France comparativement à d’autres pays. »

Il est bon que la réflexion se poursuive autour de l’évaluation pour éviter que la crainte et la menace de l’échec soient constitutives de l’apprentissage.

Nathalie Anton

 

 

 

 

 

Eviter l’excès de stress

Le mois de septembre suscite de nombreuses appréhensions chez les élèves : informations nouvelles à intégrer, exigences particulières à respecter, hausse de travail à assumer… sans compter les attentes des parents, des professeurs et, en fonction des années, les dossiers à constituer et les examens à préparer… Bref, il est facile d’être stressé en ce mois de rentrée.

Ce stress modéré constitue un allié pour les élèves, puisqu’il leur permet de s’adapter à leur environnement : confrontés à de nouveaux challenges, ils élaborent des stratégies pour les surmonter en mobilisant les ressources nécessaires en termes d’organisation, de planification, de demande de soutien, de concentration accrue, etc.

Cependant, tous les élèves ne réagissent pas de la même manière et certains peuvent se sentir submergés et se trouver impuissants face à ces nouveaux défis. Le stress devient alors nocif, et peut conduire à des crises de larmes, une anxiété intense, une perte du sommeil et de l’appétit, une difficulté à se concentrer, des accès de colère, voire conduire à un évitement de l’école et des activités scolaires… Certains jeunes peuvent essayer de réguler cet état anxieux en se tournant vers le tabac, le cannabis, l’alcool ou d’autres substances psychotropes trouvées dans la pharmacie des parents (somnifères, anxiolytiques…).

A long terme, ce stress intense et chronique peut avoir des effets néfastes sur la santé, sur les plans physique, avec par exemple une baisse du système immunitaire, et  psychologique, la dépression pouvant notamment en découler.

C’est pourquoi il est indispensable que les éducateurs soient très attentifs et rassurants en ce début d’année, et offrent des solutions pragmatiques aux jeunes qui n’ont pas toujours les ressources pour répondre aux attentes et à la compétition scolaires.

Nathalie Anton