Valoriser l’apprentissage de l’arabe à l’école

Comme je l’écrivais l’an dernier dans mon ouvrage Non, Votre Ado n’est pas feignant, toutes les langues étrangères ne sont malheureusement pas représentées de la même manière en France, scolairement et socialement. Malgré les atouts énumérés du bilinguisme, être bilingue en anglais ou en allemand n’induit pas, par exemple, les mêmes effets ni les mêmes connotations qu’être bilingue en turc ou en arabe. Que ce soit parce que leur langue maternelle n’est pas parlée, enseignée ou valorisée à l’école, parce que l’on se moque de leur accent ou parce qu’ils ont peur d’être « catalogués », certains enfants peuvent développer une gêne qui entravera leurs apprentissages.

Or, la professeure des universités spécialiste du bilinguisme Christine Hélot le martèle : « Aucun enfant ne devrait avoir honte de la langue de sa famille, et toutes les langues des élèves devraient être légitimées par les acteurs éducatifs[1]. » Le bilinguisme fait partie de la réalité et de l’identité de nombreux élèves, et ne doit pas être ignoré et encore moins stigmatisé.

Je profite donc de la journée mondiale de la langue arabe du 18 décembre pour rapporter ainsi l’opinion de la journaliste Mathilde Blottière, exprimée dans le Télérama 3584 du 19 septembre dernier : « L’arabe est l’une des langues les plus parlées au monde. Pratiquée par plus de trois millions de personnes en France, mais encore ultra-minoritaire dans le secondaire (en 2017, son apprentissage ne concernait que deux élèves sur mille), elle est aussi légitime que le russe et le chinois, également concernés par le « renforcement » voulu par Jean-Michel Blanquer. (…) La connaissance mène rarement à l’obscurantisme, et confier à l’école laïque et républicaine le soin d’enseigner l’arabe c’est une façon de lutter contre sa ghettoïsation et son instrumentalisation religieuse. Le laisser enfin être ce qu’il est : non pas la langue d’une confession, mais une langue de mondialisation. »

Et pour les lecteurs qui voudraient profiter des vacances à venir pour découvrir des auteurs du monde arabe, voici ce lien vers une liste d’écrivains.

Nathalie Anton

[1] Interview de Christine Hélot, 22 avril 2013.

 

Le Potentiel caché de votre ado

Je suis ravie d’annoncer aujourd’hui la sortie de mon nouvel ouvrage consacré au bien-être des adolescents : Le Potentiel caché de votre ado (éditions Eyrolles).

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Cet essai s’appuie sur le constat suivant : les parents et les enseignants se focalisent principalement sur les compétences scolaires, en négligeant tout un pan du développement des jeunes : celui qui touche à leurs relations, à leurs émotions et à leur aptitude à faire de bons choix. 

Or, les enfants et les adolescents nécessitent d’être accompagnés dans ces domaines, qui interfèrent avec leur réussite scolaire et leur épanouissement.

Comment leur apprendre par exemple à :

  • clarifier et gérer les émotions qui les submergent ?
  • éviter et résoudre les conflits ?
  • estimer leurs forces et leurs faiblesses ?
  • prendre des décisions responsables ?

Etonnamment, ces compétences indispensables font encore partie de l’implicite : on attend de nos jeunes qu’ils les possèdent sans vraiment se demander comment ils peuvent les acquérir ! Et trop souvent, c’est lorsqu’un problème éclate (anxiété trop forte, mauvaise gestion de son temps, brouille entre amis, situations de harcèlement, conduites à risques…) que l’on est contraint de les aborder.

C’est parce que ces compétences doivent se penser et s’enseigner en amont des problèmes que l’apprentissage socio-émotionnel a toute sa place à l’école et au sein de la famille. 

Cet ouvrage constitue une synthèse du programme dédié au bien-être des élèves que j’ai eu la chance de pouvoir développer de manière collaborative pendant six ans au Lycée Français de New York. Si l’Amérique du Nord est plus avancée que nous dans ce domaine, il n’est pas trop tard pour que tous nos jeunes puissent en bénéficier.

Bonne lecture !

Nathalie Anton