Ecouter pour apprendre / Etre à l’écoute pour enseigner

En ce mois de bonnes résolutions notamment scolaires, il peut être opportun de demander à nos élèves/vos enfants d’examiner leurs points forts, leurs points faibles, et de déterminer avec eux ce qu’ils pourraient améliorer (et comment) pour les deux trimestres restants. Cependant, les éducateurs doivent eux aussi s’interroger sur leurs pratiques, car la responsabilité de l’apprentissage ne repose pas sur les seules épaules des apprenants.

Voici donc, pour commencer l’année, une réflexion d’André Giordan, ancien directeur du Laboratoire de Didactique et Epistémologie des Sciences (LDES) et professeur à l’université de Genève.

Extraite de son ouvrage Apprendre ! (Belin, Paris,1998), elle insiste sur la nécessité de ne jamais considérer l’élève comme une simple chambre d’enregistrement du savoir, et de se montrer attentif à de ce qui entrave son apprentissage…

« Toutes les recherches sur l’apprendre, malgré leurs divergences, se rejoignent pour affirmer qu’un apprenant n’est pas une page blanche sur laquelle l’enseignant inscrit un savoir. Tout enfant, comme tout adulte, appréhende le monde ou décode les informations à travers ses conceptions. Or, ces dernières sont multiples. Elles portent sur tout ce qui concerne l’apprenant lui-même, son environnement physique ou social. Elles sont sa grille d’analyse et donnent du sens à ce qui l’entoure. En lui permettant des prévisions ou des prédictions, elles déterminent ses prises de position. (…)

Connaître l’apprenant semble un point de départ indispensable pour toute pratique. Observer, écouter, doit devenir un nouveau « réflexe » pour cerner les subtilités de la pensée de l’enfant. (…) L’écoute permet à l’enseignant de connaître où en est l’apprenant. Quelles questions se pose-t-il ? Que décode-t-il des enjeux ? Comment raisonne-t-il ? Qu’attend-il de la rencontre avec les savoirs ou avec l’école ?, etc. Autant d’éléments que tout enseignant se doit de décrypter pour préparer pour préparer ses situations pour préparer ses situations pédagogiques ou conduire sa classe. »

Les élèves et les éducateurs cheminent en effet pas à pas et côte à côte. Tous ont à apprendre les uns des autres. Penser de la sorte permet de faire pivoter l’axe de la transmission du savoir : celui-ci n’est plus descendant donc vertical, mais interactif et horizontal. Pourrait-on dire… moins écrasant car plus équilibré ? 

Nathalie Anton

Image : A. Calder, Rouge Triomphant (Triumphant Red), 1959-1965.

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