Le poids de la minceur à l’adolescence

Le 70e Festival de Cannes ouvrira mercredi ses portes, avec pour affiche la photo d’une Claudia Cardinale juvénile, dont la taille, les jambes, les bras et même les pieds (!) ont été affinés.

cannes-2017

La polémique soulevée par la manipulation du cliché original trouve une réponse dans la publication au journal officiel le 5 mai dernier d’un décret obligeant, à partir du 1er octobre 2017, à ce que la mention « Photographie retouchée » apparaisse sur toute photo commerciale de mannequins « dont l’apparence corporelle a été modifiée par un logiciel de traitement d’image afin d’affiner ou d’épaissir la silhouette ». Comme l’explique le Ministère de la santé dans son communiqué de presse, le but de la loi est « d’agir sur l’image du corps dans la société pour éviter la promotion d’idéaux de beauté inaccessibles et prévenir l’anorexie chez les jeunes. » Cette loi vise ainsi à lutter contre le culte de l’extrême minceur qui pousse tout particulièrement les jeunes filles à modifier leur corps en adoptant des conduites alimentaires malsaines. Car comment assumer à la puberté l’élargissement du bassin, le développement de la poitrine, voire la prise de poids au regard des modèles filiformes exposés dans la plupart des magazines ? Au-delà même des cas d’anorexie mentale avérés, qui concerneraient environ 1% des filles et 0,5% des garçons, la pédopsychiatre Marie Godart, responsable de l’unité d’hospitalisation pour adolescent à l’Institut Mutualiste Montsouris, déclare que 30 % des jeunes filles et 20 % des jeunes garçons se seraient déjà fait vomir pour mincir. (1)

Or, d’après la Société canadienne de pédiatrie, « bien des tentatives pour perdre du poids chez les adolescents ne sont ni nécessaires ni justifiées pour une meilleure santé et elles reflètent peut-être d’autres problèmes dans la vie de l’adolescent, tels qu’une mauvaise estime de soi, des moqueries reliées au poids, des pressions familiales pour atteindre un certain idéal ou une maladie psychiatrique grave comme un trouble de l’alimentation. » (2)

Il est donc important de veiller aux stéréotypes et aux remarques désobligeantes associés à la corpulence. De même, il convient de valoriser le corps des adolescents et d’en déconstruire les représentations médiatiques mensongères. Pour éviter qu’ils ne s’engagent dans des comportements alimentaires à risque, il est également indispensable de leur offrir une éducation diététique saine et adaptée aux besoins de leur corps en pleine croissance :

http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/alt_formats/hpfb-dgpsa/pdf/food-guide-aliment/view_eatwell_vue_bienmang-fra.pdf

http://www.aboutkidshealth.ca/Fr/HealthAZ/HealthandWellness/Nutrition/Pages/healthy-eating-for-teens.aspx

Enfin, il est impératif de consulter un professionnel de santé (pédiatre, médecin ou psychiatre) si votre enfant manifeste trop de préoccupations corporelles touchant à son poids (peur d’être gros ou de le devenir), s’il se dévalorise constamment, si vous constatez des restrictions alimentaires conduisant à une perte de poids inférieure au poids normal pour son sexe, son âge et sa taille, et s’il s’obstine malgré cela à nier sa maigreur.

Nathalie Anton

(1) Dossier sur l’anorexie mentale, Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), 2014.

(2) Paediatr Child Health. 2004 Sep.

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