Le test du Marshmallow

Je rapporte aujourd’hui une expérience menée dans les années 70 à l’université de Stanford aux Etats-Unis, par le psychologue Walter Mischel, et connue sous le nom de « test du Marshmallow ».

Le psychologue avait proposé à une centaine d’enfants d’environ 4 ans soit de manger un marshmallow qui leur était offert, soit d’attendre un certain temps pour en avoir un second. La grande majorité des enfants avait mangé le marshmallow dans l’intervalle des 15 minutes pendant lesquelles l’adulte s’était absenté de la pièce. La vidéo ci-dessous montre le protocole suivi, et les réactions assez drôles des enfants :

https://www.youtube.com/watch?v=QX_oy9614HQ

Mais le véritable intérêt de cette expérience s’est révélé plus tardivement, les psychologues ayant suivi pendant des décennies les enfants soumis à ce premier test. En effet, ils ont découvert que ceux qui avaient su résister à la tentation de manger le marshmallow avaient fait de meilleures études, résistaient mieux au stress, et étaient moins sujets à l’obésité ou à la dépendance de produits psychotropes.

On voit bien la nécessité d’apprendre à résister à la tentation, surtout à l’adolescence, période pendant laquelle le cortex pré-frontal, maître de la planification et des décisions, n’est pas encore arrivé à maturité, ce qui expliquerait en partie pourquoi les adolescents auraient tendance à préférer la gratification immédiate plutôt que d’attendre un bénéfice à plus long terme.

Un jeune sachant différer satisfaction immédiate d’un besoin pourra, par exemple, faire ses devoirs plutôt que de jouer aux jeux vidéo, ne pas craquer sur des petits-gâteaux avant le dîner, ou encore accepter de faire quelques tours de stade supplémentaires au lieu de rentrer directement aux vestiaires…

Mais comment apprendre aux jeunes à résister aux gratifications immédiates ? Des psychologues de l’université de Rochester, toujours aux Etats-Unis, ont refait le test du Marshmallow et montré que les enfants qui résistaient le mieux à la tentation étaient ceux qui avaient précédemment vécu des expériences d’attente récompensée : si par exemple les enfants dessinaient, et que l’adulte leur disait qu’il allait revenir avec de meilleurs crayons de couleurs, ceux vers lesquels l’adulte était effectivement revenu réussissaient mieux le test du Marshmallow, à l’inverse de ceux qui avaient attendu en vain que l’adulte ne revienne.

Pour conclure, apprendre à différer la satisfaction d’un besoin immédiat chez les enfants est une aptitude qu’il faut absolument les aider à développer, mais qui implique que les adultes qui les entourent (parents, entraîneurs sportifs, professeurs…) les soutiennent, puis reconnaissent et récompensent leurs efforts accomplis.

Nathalie Anton

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