La souffrance des adolescents homo ou bi-sexuels

Je reproduis aujourd’hui des extraits d’un article publié dans Le Journal des Psychologues de Mai 2015, par Amel Dehane, Maître de conférence à l’université Badji Mokhtar Annaba en Algérie. Cette psychologue clinicienne rapporte son expérience auprès de jeunes homosexuels algériens en souffrance rencontrés dans la ville d’Annaba. Si le contexte socio-culturel algérien est évidemment spécifique, certaines de ses analyses et conclusions traduisent cependant ce que peut vivre tout adolescent dont la sexualité est perçue comme « différente » de l’hétérosexualité normative.

« De nombreuses études font état de violences psychologiques et physiques vécues par les adolescents qui se représentent comme homosexuels ou bisexuels ou les jeunes en questionnement, mais aussi par tous ceux qui, quelle que soit leur orientation sexuelle, ne correspondent pas aux stéréotypes de masculinité ou de féminité. Les impacts de cette violence sur la santé et le bien-être de ces jeunes sont grands : isolement, détresse psychologique, décrochage scolaire, consommation abusive de drogues et d’alcool, comportements sexuels à risque, dépression, voire suicide. (…)

Les préjugés par rapport à leur homosexualité les mettent en situation de désarroi, (…) ils vont même parfois jusqu’à adopter un discours homophobe, afin de dissimuler leur propre homosexualité. (…)

La plupart des études sur le suicide chez les homosexuels et bisexuels établissent qu’il est supérieur à celui des hétérosexuels (Mueher, 1995). Une étude américaine conduite auprès de jeunes homosexuels ou bisexuels âgés de treize à dix-huit ans a, dès 1978, montré que le risque suicidaire est sept fois plus élevé chez eux que chez des jeunes hétérosexuels (Bell, Weinberg, 1978). Les résultats d’une étude plus récente fournissent une preuve supplémentaire d’un risque bien souvent supérieur à 14% chez les jeunes homosexuels commettant des actes suicidaires (Borrilo, 2000). (…)

A la lecture des résultats de quelques enquêtes qualitatives auprès de jeunes homosexuels, telles que l’étude canadienne de Christopher Bagley et Pierre Tremblay (1997) ou encore l’enquête d’Anne Faulkner et Ken Cranston (1998), sur un échantillon d’élèves des écoles publiques du Massachusetts, il ressort que ceux-ci vivent une marginalisation réelle ou anticipée. Les jeunes identifiés comme homosexuels par leurs pairs sont souvent stigmatisés, et les violences homophobes (physiques ou morales) sont tolérées ou ignorées par les adultes. (…)

En découvrant leur orientation sexuelle non hétérosexuelle, ces adolescents se retrouvent trop souvent rabaissés, désemparés et seuls, en raison de l’image que la société renvoie de l’homosexualité. La peur de l’incompréqhension de l’entourage familial, amical et scolaire, apparaît dès lors comme un obstacle insurmontable. »

D’où l’importance que l’école s’empare du thème de la diversité, afin d’offrir à ces jeunes un espace sûr dans lequel ils puissent se construire sans crainte et s’affirmer sans honte.

Nathalie Anton

2 réflexions au sujet de « La souffrance des adolescents homo ou bi-sexuels »

  1. bonjour, merci pour vos articles qui nous permettent à nous parents de moins se sentir seul ..justement : je vis seule avec mon ado de 16 ans, bien gentil, mais trés fainéant.. après entretien avec sa PP nous avons décidé de choisir une 1ere STMG (choix prévu depuis la 3ème afin de faire des études en vente puis précisément commercial.) bref les profs ont répondu OK pour l’orientation mais, le proviseur lors du conseil l’a déconseillé, je demande donc un entretien et là il cible principalement les absences trop fréquentes de mon fils. oui, je sais il manque parfois les cours, oui je sais c’est inadmissible, oui je sais il ne peut pas choisir seulement choisir les cours qu’il aime.. mais là le proviseur me pointe du doigt et me dit que c’est ma faute que je dois le punir à chacune de ses absences. Si le lycée me passe un SMS à chaque fois qu’il s’absente il ne doit pas en avoir tant que ça (4 ou 5 fois au 63ème trimestre) mais bon… sous l’accusation je suis un peu choquée je ne pensais qu’on venait pour ça.. bref je dis rien à peine un « oui » trés étranglé.. MAIS, par contre il me fait comprendre que si mon fils n’est pas en cours c’est qu’il fume … et le PIRE c’est que j’apprends qu’au parents suivant le proviseur dit : trucmuche, ne fait pas comme (mon fils) lui il fume du cannabis derrière l’établissement !! comment ce proviseur peut il faire des accusations, nommer mon fils à un autre élève et à ses parents ???? !! je suis certaine que mon fils a oui un baobab dans la main mais ne fume pas (meme pas un simple cigarette) d’ailleurs l’élève en question à bien rit en le disant à mon fils.. ma famille me conseil de revoir le proviseur pour lui dire qu’il ne doit pas parler ainsi de mon fils et de faire une analyse de sang afin de lui prouver qu’il a tort. que faire ? laisser tomber ? ou lui dire qu’il n’a pas le droit de dénigrer mon fils en le nommant à d’autres parents ? merci et bonne journée.

  2. Bonjour,

    Je crois en effet qu’une nouvelle discussion s’impose avec le Proviseur : les accusations qu’il porte sont graves, et doivent reposer sur des faits. Quels sont-ils ? Sinon, d’où vient la rumeur ? Pourquoi lui donne-t-il crédit ? Comment s’assurer qu’il ne s’agit pas de diffamation ?
    Ces situations ne sont pas à traiter avec légèreté. Un message de prévention serait plus à propos qu’un discours accusatoire.

    J’espère que le nouveau rendez-vous portera ses fruits,

    Bien cordialement

    Nathalie Anton

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