Faire face à la diversité à l’école

«  La diversité définit de manière positive la lutte contre les discriminations liées à l’âge, au handicap, à l’orientation sexuelle, à la race ou l’origine ethnique, à toutes formes de convictions (religieuses, politiques, philosophiques)… » (Observatoire Européen de la Diversité)

8 principaux facteurs ayant entraîné et/ou entraînant encore des actions et propos discriminatoires sont généralement retenus  (ces marqueurs n’étant évidemment pas exclusifs car pouvant varier en fonction des contextes géographiques, historiques, etc.) :

– L’âge

– Le genre (masculin ou féminin)

– Le handicap physique ou mental

– L’orientation sexuelle (homo-, bi-sexualité…)

– Le statut socio-économique

– Les convictions religieuses ou politiques

– La couleur de peau

– La culture d’appartenance

La diversité est un axe incontournable de la politique éducative des établissements scolaires américains, et des « directeurs de la diversité », des « comités diversité » composés d’adultes et d’élèves essaient de faire en sorte que chaque membre de la communauté soit  pleinement respecté pour ce qu’il estet puisse exprimer sa différence sans craindre d’être l’objet de moqueries ou de brimades.

En effet, comme l’étude menée en 2010 au Texas par Birgitte Virtrup avait pu l’illustrer,  le silence autour de ces différences, malgré nos convictions égalitaires, contribue à perpétuer les préjugés.

Ainsi, la mise en avant de la diversité repose sur le principe qu’affirmer que « nous sommes tous égaux » sans ouvrir de dialogue autour des différences n’encourage pas les individus -y compris les élèves- qui se sentent différents et minoritaires à exprimer leurs points de vue et parfois, leurs difficultés.

Affirmer cette égalité à tout prix peut en effet avoir des conséquences paradoxalement négatives, et notamment à l’école. Voici par exemple ce que constatait le sociologue Didier Lapeyronnie dans son essai L’Individu et les minorités, paru en 1993 aux éditions PUF, comparant les systèmes anglo-saxon et français face à la question de l’immigration :

«Très schématiquement, en Grande-Bretagne, les structures scolaires sont jugées inadaptées aux besoins spécifiques des minorités, alors qu’en France, on juge que les enfants d’immigrés ont des difficultés à s’adapter aux structures scolaires françaises (…) 

«En France, de manière générale, la liaison entre antiracisme, égalité et développement des cultures d’origine ne va pas de soi. Bien au contraire, la laïcité, la méfiance envers les particularismes culturels et une conception très égalitaire de l’éducation font que ces éléments sont dissociés. Le problème sera alors de favoriser l’adaptation des élèves au système d’éducation afin de leur assurer une certaine égalité des chances. Celle-ci passe par une école plus scolaire et par conséquent par la mise à l’écart des différences culturelles trop marquées.» 

Pas de réponse univoque à apporter à ce constat fait il y a vingt ans, mais juste le rappel qu’ignorer les différences au nom de l’égalité conduit parfois à renforcer les difficultés d’adaptation culturelles, et donc scolaires des élèves, ainsi malheureusement que les problèmes de discrimination associés.

Nathalie Anton

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