L’abus des écrans nuit-elle à la santé ?

Le temps passé sur les écrans, par nos enfants tout particulièrement, continue à nous interroger. Si nous avons déjà publié différents articles sur ce sujet (« Quand l’écran rend accro » première et deuxième parties, « Les jeunes sur la toile, quelles protections pour quels risques ?« , ou encore « La cyber-violence à l’école« ) nous nous proposons aujourd’hui de rapporter les propos de Christophe André, psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne à Paris, et enseignant à l’université Paris-X, recueillis par Christilla Pellé-Douël dans Psychologies Magazine de janvier 2013.

« On nous survend les bénéfices des nouvelles technologies, en négligeant ou en masquant leurs inconvénient. Or, il y en a beaucoup, études à l’appui. On sait que plus un enfant regarde la télévision, plus ses dessins et son vocabulaire sont pauvres, et plus il a de risques de devenir obèse, d’avoir des difficultés à obtenir des diplômes. D’autres travaux montrent que les jeunes Américains passent en moyenne plus de temps devant les écrans (télé, consoles, ordinateurs, Smartphone…) qu’à l’école. Et de quoi s’y imprègnent-ils ? De consommation, de sexe, de violence ; bref, de valeurs existentielles problématiques. (…)

Les écrans ont envahi l’intégralité de nos vies, et nous sommes avec eux dans une relation addictive (…) : si votre portable vibre alors que vous êtes avec quelqu’un, à qui donnez-vous la priorité ? A l’humain en face de vous ou à celui qui est derrière la machine ? (…)

Nous pouvons perdre notre humanité en devenant des hyperconnectés sans recul. Réfléchissons à ce qui nous rend heureux, aux plus beaux moments de notre vie : est-ce que ce sont des moments passés devant l’écran ? Bien sûr que non ! Notre bonheur est fait de choses simples et fondamentales : des liens réels avec d’autres humains, des moments passés dans la nature, des instants de calme, de récupération, de réflexion… Dans ces moments-là, non seulement les nouvelles techonologies ne sont pas indispensables, maisl elles sont indésirables. Une sonnerie de portable alors que nous contemplons un coucher de solei sur l’océan est comme une obscénité ; mais le plus obscène, c’est de décrocher et de répondre ! (…)

Les écrans ne sont une chance que si nous les dominons, si nous les excluons de nombreux moments de notre vie (…). Comme l’argent, ils sont de bons serviteurs mais de mauvais maîtres. (…) Nous devrions profiter du temps gagné grâce aux nouvelles technologies pour mieux vivre. Or ce n’est pas ce qui se passe : l’écran pousse à l’écran. (…) Il y a une concurrence entre le temps d’écran et le temps de vie (…). »

Face à ce constat négatif, le psychiatre donne quelques recommandations d’usage :

« Multiplions les instants de non-action, de non-écran ; retrouvons le goût du calme, de la lenteur, de l’attente. Attendons le bus sans jouer sur notre portable ou envoyer des SMS ; tentons de ne relever nos mails que trois fois par jour, de ne pas répondre au téléphone si nous parlons à quelqu’un. Ne l’emportons pas en promenade. Eteignons-le pendant les repas, prenons celui de nos enfants mineurs après 21 heures. N’utilisons pas nos écrans le dimanche. Bref, faisons de la « détox ». »

Après les excès passés dans tous les domaines, janvier reste le mois des résolutions de modération !

Nous profiterons enfin de ce post pour remercier Psychologies Magazine pour  la critique proposée ce mois-ci de notre ouvrage L’Art d’enseigner :

Nath-Psychologies

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