L’effet enseignant sur la réussite des élèves

Voici comment le narrateur de La Confusion des Sentiments (S. Zweig), décrit son entrée au beau milieu d’un cours assuré par un enseignant exceptionnel qui déterminera son goût pour les études et le conduira à devenir lui-même professeur :

« Autour de lui étaient rassemblés des jeunes gens (…) dans des poses de statues, sous l’effet de leur intérêt passionné. On voyait qu’au début ils devaient être en train de parler ensemble, lorsque soudain le professeur (…) les avait attirés à lui par sa parole, comme avec un lasso, pour les immobiliser, fascinés sur place ».

Comme ce narrateur, nous avons tous en mémoire certains enseignants qui nous ont donné l’envie et/ou les moyens de progresser : quels atouts avaient-ils que les autres n’avaient pas ?

Dans une note de juillet 2011 intitulée « Que disent les recherches sur l’effet enseignant ? », Le Centre d’analyse stratégique  a précisément tenté de répondre à cette question complexe, en énumérant un certain nombre d’éléments qui, à des degrés divers, contribueraient à accroître l’efficacité des enseignants :

A un faible degré :

L’augmentation du niveau de la formation initiale.

De manière plus significative :

L’expérience acquise par les jeunes enseignants dans les toutes premières années d’exercice, par le biais notamment de stages au cours de leur formation.

Le temps consacré effectivement au travail pendant la durée du cours : dire que plus on passe du temps sur un sujet, plus on a des chances de progresser ressemble à une lapalissade… Reste qu’à durée de cours égale (55 minutes), le temps dévolu à la matière varie parfois fortement d’une classe à l’autre.

Les attentes des enseignants : « Les chercheurs s’accordent sur l’idée qu’un niveau d’exigence élevé vis-à-vis de la classe dans son ensemble (et non de tel ou tel élève) constitue un facteur important de progression des élèves. »

Le feedback, c’est à dire le retour que font les enseignants aux élèves concernant leur travail : « La façon dont le maître apporte des corrections aux erreurs des élèves apparaît fondamentale ». Il est leur est ainsi recommandé de bien distinguer « le jugement sur la réponse de l’élève du jugement qu’ils peuvent avoir de l’élève lui-même », et d’accorder « suffisamment de temps aux élèves pour reformuler leur réponse après que l’erreur a été signalée. »

La structuration des activités pédagogiques : « Il est plus facile d’apprendre lorsque le cours est bien structuré (…), les objectifs annoncés clairement (…), où les élèves sont amenés à manipuler suffisamment longtemps les nouvelles notions (exercices, questions-réponses) et où, au terme de la leçon, les principaux points sont résumés. »

Tous ces éléments doivent évidemment être mis en perspective et être abordés comme des pistes de réflexion s’inscrivant dans un rapport enseignant-enseigné plus large.

Cependant, en mettant en avant  l’effet enseignant sur la réussite des élèves, cette étude montre aux parents qu’ils ne doivent surtout pas minimiser les difficultés relationnelles existant entre leur enfant et un professeur : trop d’élèves délaissent une matière au motif qu’ils « n’aiment pas » ou « ne seraient pas aimés de » l’enseignant. Il est donc impératif de renouer le dialogue et de restaurer la confiance en faisant au besoin appel à un tiers (CPE ou professeur principal), pour trianguler la relation et éviter que la situation ne se fige ou ne s’envenime.

Nathalie Anton

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