Nouveau témoignage d’une mère d’élève de 3ème

Voici aujourd’hui un nouveau témoignage d’une mère d’ élève de 3ème :

« Mon fils de 15 ans est actuellement en 3e, il a toujours été un peu « fainéant », mais s’est toujours maintenu entre 12 et 14/20 de moyenne générale… Donc je ne m’inquiétais pas. Mais le 3e trimestre de 3e est catastrophique environ 7/20 de moyenne dont 4 en maths… Il ne fait que mentir, même pour des choses stupides, il est actuellement puni de scooter, de portable, de sorties avec les copains, mais rien ne change, je me demande même si ce n’est pas encore pire ! Je suis désarmée face à son comportement : nous discutons souvent car il n’est pas renfermé il est même très sociable et agréable en famille ou avec nos amis… Mais rien n’y fait, c’est comme si, une fois hors de la maison, « il enfilait une combinaison de méchant », il est insolent avec ses profs, s’est même fait viré d’un cours d’espagnol, a eu un avertissement pour comportement…

Je suis séparée d’avec son papa depuis qu’il a 3 ans, il a un frère de 7ans chez moi, et 3 frères et sœurs chez son père, nos relations sont « bonnes », il vit à 150km mais vient le chercher régulièrement. Rien n’a changé dans notre vie de famille. Non vraiment, je ne vois pas pourquoi il agit ainsi. Je me dis que c’est moi qui suis trop cool, c’est vrai qu’il a tout ce qu’il veut, mais j’aime faire plaisir à mes enfants quand ils le méritent bien sûr… »

Ce témoignage montre combien le comportement du fils vient déséquilibrer les rapports  établis jusqu’alors au sein du cercle familial. Si cette situation apparaît aux yeux de la mère comme exceptionnelle, au sens où elle s’avère inattendue,  elle peut cependant être définie comme « normale », puisque tout adolescent doit s’extraire, avec plus ou moins de violence, du cocon familial pour pouvoir s’épanouir dans d’autres relations.

L’adolescence touche en effet à l’étrangeté : étrangeté pour le jeune de devenir un autre ; étrangeté pour les parents d’avoir affaire à  un étranger, leur enfant se tournant de plus en plus vers l’extérieur.

Ici, ce passage s’opère avec une certaine violence, la transition se muant en rupture, pour des raisons qu’il est évidemment impossible  de  déterminer à la lecture de ce seul témoignage. On peut juste rappeler  qu’il est parfois difficile pour un jeune de résoudre l’ambivalence d’avoir à continuer à aimer ses parents, tout en éprouvant la nécessité de s’en détourner pour trouver de nouveaux objets d’amour.

L’important dans ce cas est de ne pas rompre le dialogue, de réaffirmer la nécessaire prise en charge de l’enfant par les parents (et donc de rappeler le bien-fondé des punitions lorsque les limites fixées ont été dépassées), tout en mettant le jeune face à ses responsabilités grandissantes : il convient de l’associer à un travail de réflexion sur son orientation, quitte à ce qu’il redouble une classe s’il est lui-même incapable de se décider pour le moment : mieux vaut une pause qu’un choix par défaut dont il pourrait souffrir à long terme.

Enfin, il faut être attentif aux signes associés à la chute des résultats scolaires, qui pourraient témoigner d’une pathologie réelle (dépression, psychose) : bizarrerie du comportement, repli sur soi, perte de motivation, négligence, agressivité, idées noires, etc.

Dans ce cas, il convient de se tourner vers le médecin qui pourra proposer la prise en charge adaptée aux symptômes identifiés.

Nathalie Anton

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