Pour ou contre le redoublement ?

Le passage en classe supérieure est parfois une question cruciale au terme du troisième trimestre : dans quel cas faut-il faire redoubler un élève ? De manière très schématique, on pourrait se dire que si les compétences attendues en fin de cycle ne sont pas maîtrisées, le redoublement s’impose. Cependant, il semble qu’empêcher un élève de passer en classe supérieure puisse se révéler inutile, voire néfaste pour sa scolarité

La motivation de l’enfant s’avère déterminante pour que le redoublement puisse porter ses fruits. Si le redoublant ne le perçoit pas comme une deuxième chance, il risque de s’installer dans une conduite d’échec et de se braquer contre le système scolaire et contre ses parents.

Par ailleurs, pour qu’un redoublement soit bénéfique, il faut que les conditions d’enseignement changent et soient mieux adaptées au profil de l’élève : une simple répétition dans le même cadre et au même rythme risque de produire les mêmes effets que l’année précédente. Il serait sans doute judicieux de proposer des classes à effectif réduit, ou des heures de soutien renforcées pour ces groupes d’élèves, mais cela reste très difficile à mettre en place au sein des établissements scolaires qui voient les heures allouées comme les personnels d’éducation diminuer chaque année.

Il va de soi qu’un passage en classe supérieure doit également être encadré, pour permettre à l’enfant de progresser tout en comblant un certain nombre de lacunes accumulées : réviser pendant les grandes vacances pour se remettre à niveau, s’inscrire à des cours de soutien ou d’aide aux devoirs dès le début de l’année scolaire peut ainsi permettre de s’inscrire dans une bonne dynamique de travail.

Attention cependant à l’effet pervers du passage en classe supérieure alors que le niveau n’est pas atteint : étant donné que le système menace encore de sanctionner les élèves dont les résultats seraient trop faibles par un redoublement, le fait de les faire passer peut les conduire :

– A mépriser les mises en garde des enseignants, qui ne se vérifient plus sur le court terme, mais sur le long terme (lors de l’orientation), entraînant une certaine impunité face au travail non fait.

– A se sentir rejeté par une école qui, ne pouvant pas résoudre leurs difficultés, les pousse le plus rapidement possible vers la sortie, quel que soit le niveau qu’ils aient atteint.

Aussi est-il indispensable, quelle que soit la décision prise, de ne pas rompre le dialogue entre l’élève, les parents et les enseignants de manière à ce que le premier ne se sente pas malmené mais accompagné dans sa scolarité au regard de ses difficultés.

Nathalie Anton

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