Dépasser les difficultés d’apprentissage

On entend fréquemment, à la réception d’une mauvaise note, des élèves se plaindre d’avoir appris leur leçon « pour rien ». Or, cette plainte met l’accent sur une problèmatique à laquelle il faut parfois faire face : pourquoi, en dépit d’un investissement réel, l’enfant ne parvient-il pas à réussir ? 

Restituer ou utiliser un enseignement reçu nécessite de l’avoir acquis dans de bonnes conditions et de la bonne manière. Des résultats faibles ne sont pas forcément synonymes de manque de travail mais d’absence de savoir faire. Or, si l’élève n’est pas accompagné pour apprendre à mieux travailler, il risque de se décourager et de ne plus travailler du tout.

Tout d’abord, un bon apprentissage nécessite de fournir des efforts réguliers. Beaucoup d’élèves peu studieux s’étonnent de ne pas avoir de bonnes notes le jour où ils décident de travailler, mais… la mémoire est une faculté qui demande de l’entraînement !

Ensuite, l’attitude adoptée en classe représente une étape primordiale dans le processus d’assimilation : un élève qui écoute et pose des questions pendant le cours, le retiendra mieux et rencontrera moins de difficultés lorsqu’il se retrouvera seul face à sa leçon, une fois rentré chez lui. De même, une prise de notes aérée, lisible, soignée et organisée permet de mieux mémoriser le cours.

Le travail à la maison conditionne également la qualité de l’apprentissage. Le cadre dans lequel il s’effectue, ainsi que le rythme auquel il se déroule, sont deux atouts majeurs pour qu’il soit efficace. Il est d’ailleurs nécessaire de distinguer « apprendre » et « comprendre » pour mieux les associer. Certains élèves se dispensent d’apprendre en pensant avoir compris. Or, lorsque l’enseignant leur donne un exercice d’application légèrement différent de ce qu’ils ont vu en classe, ils se trouvent dépourvus des outils théoriques nécessaires à sa réalisation.

Lire et relire le cours ne signifie pas, non plus, qu’on l’ait mémorisé : il faut le réciter, par oral ou par écrit, à différents moments de la soirée, voire, le lendemain matin, pour qu’il s’imprime bien dans la mémoire, puis le reprendre au fil du temps : sa réduction sous forme de fiches de synthèse favorise alors sa réactivation.

Les exercices d’application donnés par l’enseignant doivent être faits et refaits à l’aide de la leçon. Si celle-ci manque de clarté, l’élève doit acquérir le réflexe de consulter ses manuels, afin d’obtenir, de manière autonome, les réponses aux questions qu’il se pose sans baisser les bras.

Enfin, certains enfants entretiennent avec le savoir une relation complexe. La peur de l’échec peut, paradoxalement, favoriser celui-ci : des élèves évoquent, pendant les contrôles, de véritables « trous noirs » invalidant la restitution du cours pourtant appris. De même, « savoir », pour un enfant ou un adolescent, peut se révéler angoissant, lorsqu’il s’agit, par exemple, d’en « savoir plus que ses propres parents », et par conséquent, de les destituer inconsciemment. Ajoutons que les enfants déprimés ou préoccupés par la résolutions de problèmes personnels n’ont pas toujours la capacité de mobiliser les ressources psychiques nécessaires à l’apprentissage.

La question du savoir et de sa mémorisation est donc une question épineuse. Soutien au sein de l’établissement, cours particuliers, aide aux devoirs, entretiens avec un psychothérapeute constituent les réponses les plus fréquentes, mais, pour qu’elles soient efficaces, elles doivent être bien adaptées au profil de l’élève.

Nathalie Anton



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