Petite citation liée aux difficultés d’apprentissage :

«Un symptôme, qu’il soit de phobie, de dyslexie, d’échec scolaire… c’est toujours la solution intelligente trouvée par un sujet, et dans quoi il se réfugie en attendant mieux. »

(Le travail du psychologue dans l’école. Cas cliniques et pratiques professionnelles. B. Jumel. Dunod, Paris, 2002. P. 39).

Bonnes vacances d’hiver !

Nathalie Anton

Si nous admettons avec R. Burns (“Methods for individualizing instruction”, 1971) les postulats suivants :

“Il n’y a pas deux apprenants qui progressent à la même vitesse.

Il n’y a pas deux apprenants qui soient prêts à apprendre en même temps.

Il n’y a pas deux apprenants qui utilisent les mêmes techniques d’étude.

Il n’y a pas deux apprenants qui résolvent les problèmes exactement de la même manière.

Il n’y a pas deux apprenants qui possèdent le même profil d’intérêts.

Il n’y a pas deux apprenants qui soient motivés pour atteindre les mêmes buts.”

Alors, la pédagogie différenciée apparaît comme une nécessité pour chaque éducateur, pas seulement pour combler les lacunes supposées de certains élèves, mais pour prendre en compte et valoriser la diversité de tous.

Nathalie Anton

Lors de ce colloque tenu le 10 janvier dernier à l’Ecole Militaire de Paris et ouvert par le ministre Luc Chatel, le psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron, directeur de recherche de l’université Paris Ouest Nanterre, a expliqué que l’émergence d’Internet constituait “une révolution anthropologique” qui bouleversait la construction des jeunes dans 5 domaines :

1) Le rapport à soi-même

De nombreux jeunes possèdent plusieurs adresses internet, plusieurs profils sur les réseaux sociaux, plusieurs avatars dans les jeux en ligne, et se trouvent exposés, par le biais de publications diverses, à des représentations d’eux-mêmes… pas toujours maîtrisées.

2) Le rapport aux autres

Recherchant la reconnaissance de leurs pairs, les adolescents exposent sur Internet des pans de leur intimité qu’ils soumettent à l’approbation du groupe. Ils risquent parfois de se caricaturer eux-mêmes pour susciter plus de sympathie, ou encore de se retrouver dans des situations compromettantes par la publication (que favorise la dématérialisation des relations par écrans interposés) d’écrits ou de photos  rendus publics et indélébiles.

3) Le rapport aux images 

Il apparaît que les jeunes ne sont plus seulement consommateurs  d’images, mais également créateurs. Si  Serge Tisseron recommande aux éducateurs d’encourager cette disposition créatrice, il attire cependant leur attention  sur les questions sensibles du droit à l’image, de l’intimité, de l’atteinte au respect de la vie privée, de la diffamation, voire de la violence ou de la complicité en cas de happy slapping.

4) Le rapport au réel

Les jeunes doivent plus que jamais être éduqués dans la culture du doute : qu’en est-il, en effet, de la véracité des faits et des images qui circulent sur Internet et qui sont transférés de manière exponentielle jusqu’à créer un “buzz” dans lequel des médias même avertis se laissent happer ? Des sites sont même aujourd’hui  spécialisés dans la dénonciation des canulars informatiques (“hoax” en anglais)…

5) Le rapport à la connaissance

L’apprentissage sur Internet se fait de manière intuitive, par tâtonnements, souvent individuellement ou entre pairs (dans le cas de jeux, par exemple). Or, le savoir scolaire passe encore par la parole du maître et privilégie plutôt la démarche déductive, qui va de  l’exposition théorique des règles à leur application pratique. En outre, Internet permet d’accéder quasi immédiatement à la connaissance, en un clic, alors que l’enseignement privilégie le développement, l’approfondissement et la maturation. Afin que ces deux approches ne s’excluent pas, Serge Tisseron conseille aux adultes de ne pas mépriser la première et de veiller au contraire à valoriser les compétences acquises sur Internet, tout en expliquant pourquoi et comment il est important de savoir travailler autrement.

Afin d’éviter les débordements liés à la pratique d’Internet, Serge Tisseron recommande que les enfants soient exposés de manière encadrée et progressive aux écrans, et qu’il leur soit rappelé ces trois règles fondamentales :

- Tout ce qu’on met sur Internet tombe dans le domaine public.
- Tout ce qu’on y met y reste.
- Tout ce qu’on y trouve est indécidable.

Nathalie Anton

Page suivante »

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.