Lors de ce colloque tenu le 10 janvier dernier à l’Ecole Militaire de Paris et ouvert par le ministre Luc Chatel, le psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron, directeur de recherche de l’université Paris Ouest Nanterre, a expliqué que l’émergence d’Internet constituait “une révolution anthropologique” qui bouleversait la construction des jeunes dans 5 domaines :

1) Le rapport à soi-même

De nombreux jeunes possèdent plusieurs adresses internet, plusieurs profils sur les réseaux sociaux, plusieurs avatars dans les jeux en ligne, et se trouvent exposés, par le biais de publications diverses, à des représentations d’eux-mêmes… pas toujours maîtrisées.

2) Le rapport aux autres

Recherchant la reconnaissance de leurs pairs, les adolescents exposent sur Internet des pans de leur intimité qu’ils soumettent à l’approbation du groupe. Ils risquent parfois de se caricaturer eux-mêmes pour susciter plus de sympathie, ou encore de se retrouver dans des situations compromettantes par la publication (que favorise la dématérialisation des relations par écrans interposés) d’écrits ou de photos  rendus publics et indélébiles.

3) Le rapport aux images 

Il apparaît que les jeunes ne sont plus seulement consommateurs  d’images, mais également créateurs. Si  Serge Tisseron recommande aux éducateurs d’encourager cette disposition créatrice, il attire cependant leur attention  sur les questions sensibles du droit à l’image, de l’intimité, de l’atteinte au respect de la vie privée, de la diffamation, voire de la violence ou de la complicité en cas de happy slapping.

4) Le rapport au réel

Les jeunes doivent plus que jamais être éduqués dans la culture du doute : qu’en est-il, en effet, de la véracité des faits et des images qui circulent sur Internet et qui sont transférés de manière exponentielle jusqu’à créer un “buzz” dans lequel des médias même avertis se laissent happer ? Des sites sont même aujourd’hui  spécialisés dans la dénonciation des canulars informatiques (“hoax” en anglais)…

5) Le rapport à la connaissance

L’apprentissage sur Internet se fait de manière intuitive, par tâtonnements, souvent individuellement ou entre pairs (dans le cas de jeux, par exemple). Or, le savoir scolaire passe encore par la parole du maître et privilégie plutôt la démarche déductive, qui va de  l’exposition théorique des règles à leur application pratique. En outre, Internet permet d’accéder quasi immédiatement à la connaissance, en un clic, alors que l’enseignement privilégie le développement, l’approfondissement et la maturation. Afin que ces deux approches ne s’excluent pas, Serge Tisseron conseille aux adultes de ne pas mépriser la première et de veiller au contraire à valoriser les compétences acquises sur Internet, tout en expliquant pourquoi et comment il est important de savoir travailler autrement.

Afin d’éviter les débordements liés à la pratique d’Internet, Serge Tisseron recommande que les enfants soient exposés de manière encadrée et progressive aux écrans, et qu’il leur soit rappelé ces trois règles fondamentales :

- Tout ce qu’on met sur Internet tombe dans le domaine public.
- Tout ce qu’on y met y reste.
- Tout ce qu’on y trouve est indécidable.

Nathalie Anton

C’est le titre d’un article publié par Alexandre Har, psychologue clinicien et docteur en psychologie, dans Le Journal des psychologues de décembre / janvier 2012, dont nous avons choisi de vous livrer aujourd’hui un extrait :

“En fonction de la quantité consommée, de la fonction du cannabis dans la régulation émotionnelle, de la désinsertion sociale, la consommation d’un adolescent peut devenir rapidement problématique. (…)

Les répercussions d’un usage abusif, puis d’une dépendance s’observent à plusieurs niveaux :

Sur le plan du fonctionnement individuel, la symptomatologie s’exprime dans le domaine cognitif par une baisse des capacités attentionnelles et de concentration. Une baisse des résultats scolaires s’ensuit. Elle s’accompagne aussi d’un éloignement des activités sportives ou associatives. La qualité du sommeil s’altère avec, généralement, un inversement du rythme veille-sommeil. L’adolescent est souvent fatigué, il devient plus facilement irritable et entre en conflit plus rapidement. Pour certains, les absences non justifiées se cumulent. L’échec scolaire ne tarde pas à s’instaurer.

Sur le plan social, une lente sélection et réorganisation des fréquentations s’opèrent. Les copains sont tous des fumeurs. Les relations familiales sont plus tendues. Les sorties en soirée sont l’objet de disputes répétées”.

D’après les statistiques de 2011 de l’INSEE, 41,5% des adolescents de 17 ans ont déjà expérimenté le cannabis. Ce chiffre conséquent doit cependant être nuancé puisque, dans le mois précédant l’enquête, 22,4 % d’entre eux en ont consommé une seule fois, 6,5%  plus de 10 fois, et 3% quotidiennement.

Toutefois, comme nous l’avons évoqué dans l’article “Adolescence et toxicomanie”, même une consommation occasionnelle doit susciter, à l’adolescence, la vigilance des adultes. S’il convient de ne pas diaboliser le produit au risque de rompre tout dialogue avec le jeune, il ne faut surtout pas le banaliser et ne pas hésiter à se tourner vers les personnels de santé compétents pour tenter de trouver une réponse à cette problématique.

Nathalie Anton

La reprise des cours en cette nouvelle année rimera-t-elle pour vos enfants avec la prise de bonnes résolutions sur le plan scolaire ? Je vous le souhaite et vous transmets tous mes vœux de réussite pour 2012 !

Nathalie Anton

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